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stephanie

Recits De Naissance De Jules Et De Bertille

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recit de la naissance de jules

écrit quand avait Jules 16 mois

Arnaud et moi avions choisi de faire de l'haptonomie avec une sage femme de notre quartier. Elle nous avait conseillé d'essayer de se faire un peu entendre pour pouvoir bouger pendant le travail et garder le bébé le plus longtemps possible sur mon ventre. Ce n'est que vers la fin de ma grossesse que j'ai commencé à entrevoir que mon accouchement risquait d'être un peu trop médicalisé à mon goût dans la « bonne clinique parisienne » où j'étais inscrite sur les conseils de ma gynéco.

J'ai perdu les eaux dans mon lit (une de mes grandes joies rétrospectivement : cette naissance n'a pas été provoquée). Je suis arrivée à la clinique dans un état de joie intense à l'idée d'accoucher, pas seulement d'avoir un bébé, mais aussi de vivre cette expérience très forte.

Mon bébé était en siège, non diagnostiqué. C'était probablement un détail pour ce médecin pressé qui a d'ailleurs menti devant le reste de l'équipe, disant que nous avions rendez-vous le lendemain pour une radio du bassin, ce qui n'avait jamais été prévu.

Tout s'est enchaîné très vite : péridurale, séparation d'avec Arnaud qui ne pouvait pas être dans la salle d'opération, sans même nous laisser le temps d'échanger un regard, césarienne.

On en m'a pas laissé toucher mon bébé. Je l'ai vu une fraction de seconde la tête en bas avant qu'on remette le champ. Le temps d'un flash, je l'ai trouvé magnifique.

Le pédiatre me l'a amené plus tard, il est resté environ 30 secondes, et je n'ai rien pu faire puisque j'avais les mains attachées. Nos joues se sont frôlées.

Puis j'ai été très seule et ça a duré une heure pendant laquelle deux chirurgiens me recousaient derrière le champ en discutant de chose et d'autre, personne d'autre n'étant là pour me parler car il y avait beaucoup d'accouchements en même temps.

Je n'ai jamais eu peur pour mon bébé, ni pour moi, mais j'étais désemparée d'être séparée de lui, je ressentais un manque très fort et j'étais sûre qu'il ressentait le même.

Pendant ce temps, Jules avait été emmené, testé et déclaré conforme, puis nettoyé avant que qui que ce soit ne daigne aller chercher Arnaud qui attendait seul dans le couloir.

Jules a été mis en couveuse. « C'est la procédure. » Pendant les premières minutes dans cette boîte, il a écouté Arnaud lui parler puis il s'est laissé aller à sa peur et son dégoût devant cet accueil, et il a pleuré.

On m'a enfin sortie de la salle d'opération pour la salle réveil. Pendant deux heures nous avons pleuré tous les deux côte à côte, et je suppliais la bonne soeur de me le donner. Mais il risquait de prendre froid. Bien sûr, un bébé de 3,7 kg à terme et en parfaite santé, risque de prendre froid contre la peau de sa maman, c'est si évident... La bonne soeur a profité de l'absence momentanée d'Arnaud pour me menacer « ce n'est pas la peine de pleurer, on ne vous le donnera pas ».

Après deux heures d'attente, elle l'a habillé et nous avons enfin pu nous toucher. Je voulais le mettre au sein tranquillement en lui laissant le temps. Elle lui a collé la tête contre moi violemment. Heureusement, Jules a choisi de laisser de côté sa peur et d'oublier l'environnement hostile dans lequel nous nous trouvions pour téter avec toute sa compétence de nouveau né.

Jules est né à 7 heures du matin, j'ai donc eu la journée pour faire le deuil de mon autonomie et pour comprendre que je n'avais pas le choix : Jules allait devoir affronter sans moi, à la nurserie, sa première nuit. Je ne pouvais pas le changer, ne pouvant pas me lever ,et Arnaud n'avait pas le droit de rester avec nous cette nuit là. Comment une chose pareille peut-elle simplement être possible, pas le droit de rester avec nous. « Mais ma petite dame, il faut vous reposer ». Et quand un bébé est à la nurserie c'est pour toute la nuit. Ça aussi c'est la procédure. On ne vous l'apporte pas pour que vous puissiez allaiter.

Jules a donc pleuré des heures à la nurserie cette nuit là, et moi dès 5 h du matin je l'ai réclamé, dès que le somnifère a cessé de faire effet. On lui a donné un troisième biberon alors que j'étais éveillés et le réclamais depuis plus d'une heure. « Pour vous laisser le temps de vous reposer encore un peu ».

Dès le lendemain, je me suis levée pour prouver que je n'étais pas une malade, que j'étais une personne à part entière qui pouvait décider et s'occuper de son bébé. Mais je n'ai dormi qu'une dizaine d'heures en six jours, totalement choquée par cette naissance et cette contrainte si forte contre mon indépendance et ma liberté de choix dans ce moment essentiel de nos vies.

J'ai allaité 5 mois et j'ai eu beaucoup de mal à arrêter. Je suis toujours très en colère. Je veux me battre contre tout cela. Je ne sais pas encore où est ma place mais j'y pense beaucoup, je vais trouver.

Je n'ai allaité Jules que 5 mois, n'ayant aucun exemple autour de moi d'allaitement plus long. Je ne pensais même pas que cela était possible. Je me suis fait violence pour arrêter, comme si c'était inconvenant de continuer. Cela nous a fait du mal à tous les deux. Je pense vraiment que l'allaitement réparait les blessures de cette naissance qui a rendu très difficile pour nous deux l'établissement de liens. Mais il aurait fallu plus de temps. Après l'arrêt de l'allaitement, je me suis rendue compte progressivement que quelque chose n'allait pas entre nous, que je ne me sentais pas facilement sa maman, que je fuyais les moments de solitude avec lui, m'en remettant beaucoup à Arnaud (ils en ont gagné une relation très forte tous les deux). La prise de conscience de cela et le temps passé avec lui a aidé à apaiser et à créer des relations plus fortes, mais je regretterai toujours cet allaitement écourté par ignorance, par souci du regard des autres et manque d'écoute de mes besoins profonds et des siens.

recit de la naissance de bertille

(Ecrit courant février 2002)

Je trouve enfin le temps de finir ce récit pour vous l'envoyer. Je l'ai écrit à la main dans les quelques jours qui ont suivi la naissance et j'ai mis beaucoup de temps à le taper ensuite.

Les indications d'heures sont d'Arnaud et non de moi, je n'ai pas regardé la montre à partir du moment où j'étais vraiment en travail.

18 heures, le 30 janvier, une contraction douloureuse avec peut-être une sensation un peu inhabituelle. Je me pose la question... Toute la soirée, plus de contractions que d'habitude, une pesanteur peut-être un peu plus forte mais j'ai tellement envie que ca arrive que je n'y crois plus, je ne me permets pas d'y croire. J'ai eu tellement de séries de contractions depuis trois semaines.

Vers 11h et demie, Arnaud s'endort, j'ai des contractions. Pendant 2 heures, elles me font assez mal, trop mal pour dormir mais elles sont très irrégulières. 2 minutes pendant 30 minutes puis 5' puis 7' puis 3. Impossible de rien conclure. J'arrête de compter. Vers 1h30 je réveille Arnaud pour lui dire que je ne suis sûre de rien et que je vais prendre un bain pour faire cesser les contractions si ce n'est pas encore le moment.

Vers 2 heures je sors du bain, toujours aussi indécise car la douleur est faible et surtout les contractions sont toujours aussi irrégulières mais elles n'ont pas cessé. Je prépare plein de tisane pour si c'est le moment et que j'ai envie d'en boire pendant le travail. Je vais dire à Arnaud que je me pose toujours la question. Je passe un peu de temps dans le salon mais c'est désagréable, je m'ennuie, je ne suis pas bien installée.

Vers 3 heures moins dix, je vais dire à Arnaud que j'ai envie d'être dans le lit avec lui mais avec la lumière allumée. Je ne supporterais pas d'être dans le noir. Je cache un peu la lampe pour qu'il puisse dormir. Il est très endormi et assez absent. Il me demande si j'ai mal, je dis bof.

Contraction suivante, donc vers 3 heures, je me retourne instinctivement à quatre pattes dans le lit. J'ai très mal. Arnaud se réveille. Mon accouchement commence. Ca peut sembler idiot de considérer qu'il a démarré à cet instant, mais c'est l'instant ou j'ai su, le doute a cessé -- je pourrais aussi dire que cet accouchement a commencé trois semaines plus tôt quand le travail préparatoire très efficace a commencé. Arnaud se réveille totalement. J'ai très mal, je décide d'aller dans la baignoire. Je m'apprête à vivre la partie la plus dure de ce travail. J'ai très mal sans avoir eu le temps de m'habituer graduellement. Les contractions sont fortes et très rapprochées. Dans la baignoire je suis très mal sur le dos.

Je crie déjà très fort. Jules tousse dans son sommeil puis s'arrête de tousser et semble décider qu'il préfère continuer a dormir alors qu'il est évident qu'il peut m'entendre. Pendant cette première période, j'ai un peu peur car j'ai mal et je me dis que je ne supporterais pas cette douleur pendant 12 heures. J'ai peur de ne pas y arriver, je crois. Je n'ai jamais eu cette peur pendant toute ma grossesse, c'est comme si je devais la vivre.

Mais, malgré cette peur, à aucun moment je ne songe à quitter ma maison pour aller réclamer une péridurale. Je n'ai jamais pensé à l'hôpital de tout mon accouchement.

Je décide de me mettre à quatre pattes dans le bain. Mais là c'est l'horreur car la baignoire est étroite et m'oblige à avoir les jambes serrées, ce qui est insupportable. Je sors du bain entre deux contractions. Arnaud commence à installer le salon comme je l'avais prévu. Un petit matelas par terre avec un rideau de douche dessus et des draps. Pendant qu'il installe j'ai plusieurs contractions. Elle sont très rapprochées. Je suis à genoux, très penchée en avant. J'ai mal au dos. Je crie des bêtises, du genre « non je ne veux pas », « pas déjà » (je n'ai pas le temps de souffler entre deux contractions). Ça me fait plaisir de crier ce genre de choses. Depuis que je suis sortie de la baignoire, je n'ai plus peur, seulement mal.

Je commence à me douter que le travail progresse très vite. Je touche mon col, il est déjà bien ouvert et face au vagin, alors que ces derniers jours il était si postérieur que je ne pouvais pas le toucher.

Arnaud essaye de m'aider, il me parle un peu, mais je ne comprends pas ce qu'il me dit et ne cherche pas à comprendre, il me touche aussi un peu mais je refuse la plupart du temps car les sensations sont trop fortes. Il me demande régulièrement "que veux-tu?" et je répond toujours "je ne sais pas".

C'est si rapide, je n'ai le temps de rien faire entre les contractions, pas le temps de prendre une position de repos, parfois j'ai froid (mais la plupart du temps j'ai très chaud et je reste toute nue toute la durée de mon accouchement), je n'arrive même pas à l'exprimer pour qu'Arnaud me couvre, j'arrive à peine à boire. Mais je suis pourtant un peu plus habituée à la douleur. A 4 heures et quart on décide d'appeler J.. Avant on n'y a pas pensé, ni l'un ni l'autre. Là ca semble le bon moment. On sait maintenant que ca va très vite, on a envie qu'elle soit là, alors il ne faut plus tarder.

Je perds les eaux pendant qu'il est au téléphone. Et à nouveau j'ai peur. J'ai déjà très mal, notamment au dos, je me dis que je ne supporterai pas plus et je sais que souvent la douleur s'accroît quand on perd les eaux.

Le liquide est très clair (je ne me fais pas la réflexion sur le moment, c'est J. qui me le fera remarquer plus tard; je n'ai tellement pas peur que les choses se passent mal que je ne guette pas les signes bons ou mauvais comme la couleur du liquide amniotique). J'attends donc la contraction suivante en ayant peur. Arnaud est revenu dans la pièce quand la contraction arrive. Il dit que je n'ai pas crié a cette contraction (c'est la seule je pense). Je crois que j'ai été très étonnée de la sensation nouvelle.

Cette contraction m'a fait beaucoup moins mal. Le travail change complètement. Je suis a dilatation complète, je touche mon col et je ne le sens plus, seulement la tête de mon bébé. L'envie de pousser apparaît immédiatement.

Pendant cette première contraction, l'envie de pousser n'est pas très forte, elle vient graduellement avec les contractions suivantes. J'ai immédiatement arrêté d'avoir peur et j'ai aimé cette envie de pousser qui changeait tout.

Le rythme du travail a changé, il s'est beaucoup ralenti. Je me suis mise à avoir du temps de récupération entre les contractions, la douleur est devenue très supportable. J'ai commencé à faire des sons très différents, venus du fond de la gorge, des grondements plus que des cris. Je suis toujours à genoux, jambes très écartées, très penchée en avant. A partir d'un moment je vais même écarter complètement mes jambes, je suis en grenouille, les cuisses posées au sol, appuyée sur les coudes.

J. arrive à 5 heures moins dix. Elle s'assoit à côté de moi. Arnaud dit que je ne lui ai pas du tout parlé quand elle est arrivée. Pourtant j'étais persuadée de lui avoir parlé. Dans ma tête, je lui ai dit "entre donc, je suis contente de te voir", mais je n'ai rien dit.

Je dis que j'ai très mal au dos, J. me masse un peu.

J. et Arnaud sont à côté de moi, ils parlent parfois tout bas entre eux, ca ne me gêne pas. Je n'ai aucune idée de se qu'ils se disent. J. écoute le coeur de mon bébé de temps en temps comme nous en avions convenu avant.

Je ne cherche même pas à écouter, je sais que ça va, ou plutôt ça ne fait pas partie de mes pensées que ça puisse ne pas aller. Le temps entre mes contractions est devenu long. Je ne compte pas les contractions. Je n'ai pas de notion du temps qui passe, je sais juste que j'ai le temps de me reposer.

Tout le temps du travail de poussée va durer deux heures, et pourtant cela m'a semblé beaucoup plus court.

Quand une contraction arrive, j'ai mal au début, l'envie de pousser arrive un peu après, je me laisse aller a cette force et ça me soulage.

Entre les contractions, je profite du temps de repos totalement immobile, je crois ,mais j'ai hâte aussi de sentir à nouveau cette poussée. La poussée se fait en plusieurs fois à chaque contraction, je crois.

A un moment Arnaud commence à mettre des compresses chaudes sur mon sexe. Ça ne me soulage pas vraiment. C'est juste une évidence que c'est le bon geste.

La tête de mon bébé commence à avancer et reculer dans mon vagin. J'aime beaucoup le moment où je la sens avancer, au début d'une contraction, jusqu'au point ou elle était arrivée à la contraction précédente, c'est un glissement, si facile. Arnaud me parle parfois, mais je ne sais plus. J'ai à peine conscience de ce qu'il dit. Pourtant, entre les contractions, j'arrive à dire des choses ridicules comme « les sacs poubelles sont dans le tiroir de droite » en réponse à une interrogation qui ne m'est pas destinée d'ailleurs, et je me souviens d'avoir dit ça. C'est étrange, car j'ai oublié plein d'autres choses. Pourtant je suis très déconnectée. J'aime beaucoup les deux ou trois compresses chaudes dans le bas du dos mais je suis incapable de le dire et d'en demander d'autres.

A un moment J. dit que je suis proche de la fin, qu'il reste encore 4 ou 5 poussées probablement. Je ne compte pas, ça n'a donc aucun sens pour moi mais ça me fait plaisir.

Tout à coup, Jules se réveille. Et ça me remplit de bonheur, je prends conscience que mon rêve se réalise. Il sera là pour la naissance. J. va au devant de lui, il n'est pas étonné, il vient avec elle et s'assoit sur ses genoux par terre à côté de moi. Je crois que c'est à ce moment que je demande à Arnaud de commencer à filmer. C'était très important pour moi, ce film, et une petite voix dans ma tête me l'a rappelé. C'est environ dix minutes avant la naissance.

C'est a peu près à ce moment aussi que je me redresse. Je suis à genoux, droite, sans soutien, je n'en ai pas besoin. Je continue de crier, des cris très rauques et je parle à Jules pour le rassurer, je le regarde, mais il n'est pas inquiet, il suce son pouce, regarde parfois la tête du bébé entre mes jambes, et pose des questions. Ça commence à brûler très fort. Arnaud a toujours sa main avec la tête du bébé qui est presque là et ne recule plus. A nouveau, pour la troisième fois de mon accouchement, j'ai un peu peur.

Cette fois-ci j'ai peur de la fin toute proche, de sa tête qui doit passer, et d'être déchirée. J. me dit qu'à la prochaine poussée, si je décide de laisser faire, mon bébé peut naître. Je laisse faire. Sa tête passe puis immédiatement tout son corps. Elle crie tout de suite, mais pas trop fort.

Elle ne crie pas longtemps. Je l'attrape, je la colle contre moi. Je suis dans un état second. Je ne réalise pas, je ne suis pas émue. J. va chercher une serviette chaude, je l'enveloppe dedans, je n'ai pas bougé, je suis toujours à genoux, je la tiens assez maladroitement, collée a moi, je crois que je ne l'ai pas regardée. Je n'ai même pas vu le cordon autour de son cou (ça me fait souffrir, ça, de ne pas avoir vu) c'est J. qui l'enlève. Je pense que si j'avais été seule j'aurais vu.

Arnaud et J. m'aident à m'asseoir. Bertille est contre moi. Jules dit: "C'est le bébé". Les deux heures qui suivent sont très floues dans ma tête, et un peu ambivalentes. Je suis assez mal installée, j'ai mal au dos, il me faudrait d'autres coussins, mais je suis incapable de le dire. Pourtant je parle, je parle à Bertille, à Jules qui est assis à côté de moi, et sur le film je vois que je suis très souriante. Ils ne peuvent pas deviner que je suis mal installée. Je pense maintenant que pendant ces deux heures j'aurais voulu être seule avec mon bébé. Je n'ai pas tellement aimé la sortie du placenta, j'avais à nouveau des contractions assez douloureuses, j'ai pensé que cela irait mieux si le placenta sortait, j'ai demandé de l'aide. J. m'a soutenue pour me mettre accroupie, j'ai eu du mal a pousser pour le faire sortir. En fait, je crois que je n'étais pas prête. Je pensais que je me sentirais mieux, mais cela n'avait rien a voir avec le placenta, et j'ai eu du mal à le laisser sortir.

Au bout d'un certain temps, après la sortie du placenta, avec Arnaud on s'est posé la question de couper ou pas le cordon, puisqu'on avait prévu de ne décider qu'à ce moment là. On a décidé de couper, on était d'accord et on en a peu discuté. Donc pas de "lotus" finalement. J. a lavé la placenta encore attaché à Bertille, on l'a regardé et touché. A nouveau il s'est écoulé environ une demi-heure. Je me souviens si peu. Bertille tétait ou pas, je ne sais plus. Elle avait les yeux grand ouverts, mais nos regards se ne se sont pas rencontrés à ce moment. J. était à coté de moi. On discutait un peu, tout doucement, mais je ne me souviens pas de quoi. Puis j'ai dit que j'avais envie de bouger, de prendre une douche. J. a ligaturé le cordon et j'ai coupé. Arnaud a pris Bertille pendant que J. m'a aidée à prendre ma douche. J'ai pu me sécher et m'habiller. J'étais très contente de me sentir sèche. Je me suis installée dans mon lit. J'étais enfin bien, malgré les contractions encore assez désagréables. Je crois que Bertille tétait. Elle était en tout cas éveillée. Elle s'est endormie vers 9 heures je crois.

J'étais bien. J., Arnaud et Jules s'activaient, rangeaient, préparaient le petit déjeûner. On a pris le thé en parlant, c'était gai à l'image de toute la journée qui a suivi qui était vraiment pleine de gaîté. Il faisait si beau et le soleil inondait la chambre. J'étais bien, Bertille endormie dans mes bras, Jules tout calme qui commençait sa journée normale, parlant parfois de Bertille, mais sans plus. J'ai adoré cette journée, j'ai beaucoup parlé, j'ai raconté mes sensations à Arnaud, j'aurais voulu pouvoir écrire tout de suite toutes ces impressions, je suis triste de ne pas avoir pu le faire et d'avoir oublié tant de choses.

La première journée, j'ai peu regardé Bertille, je l'ai plus touchée. Et cette fameuse odeur merveilleuse, j'ai pris du temps a la sentir. J'étais très très ralentie et donc notamment dans ma rencontre avec elle, tout était très lent; d'ailleurs cette impression de lenteur à tisser la relation entre nous demeure, mais sans angoisse. Ça prend du temps, mais sans en perdre, car elle est presque toujours dans mes bras, elle dort contre moi, elle tète quand elle veut.

A aucun moment la douleur ne m'a dépassée, ni terrifiée. J'ai crié à chaque contraction dès le début. Avant l'accouchement, j'avais peur d'être intimidée et gênée par la présence des voisins, mais je n'ai pas pensé à eux une seconde. J'ai adoré crier.

Un détail, au fait. Cet accouchement était un AVAC [accouchement vaginal après césarienne]. Je n'ai pas pensé a cette cicatrice pendant tout le travail. J'y pensais déjà peu pendant ma grossesse d'ailleurs.

Je ne résiste pas au plaisir de coller ici le récit de la naissance de Jules que j'avais écrit pour la liste le 21 mars 2001. Je suis si heureuse du chemin parcouru depuis. Je suis si sûre que même Jules bénéficie de la naissance de sa soeur. Je pense que ça peut l'aider a réparer la sienne, même pour lui, pas seulement pour moi.

Stéphanie

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bravo! c'est merveilleux que tu ais repris ton pouvoir entre tes mains et que ta fille beneficie d'une belle naissance! bravo! :heart:

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"Un bébé lotus est un bébé dont on ne coupe pas le cordon à la naissance. On attend simplement que le cordon ombilical se détache de lui-même du placenta, au bout de quelques jours. Le placenta est lavé, séché puis placé dans un tissu. Souvent, il est frotté de sel pour accélérer son séchage et quelques gouttes d'essences odorantes peuvent y être ajoutés" (de wikipédia).

J'ai également trouvé que ça se fait pour donner une transition douce entre la respiration par l'oxygène fourni par le placenta et la respiration pulmonaire.

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