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oumsou

accouchement solo, première sortie pour Hafsa

10 posts in this topic

durant ces 3 dernières années, différents témoignages (dont :coeur-anime: celui-là http://pros.orange.fr/tansen/bioethics/birth/sauvage-fr.htm ) ont beaucoup enrichi mes reflexions (en plus des informations "scientifiques"), aujourd'hui il me semble que c'est mon tout de donner, c'est pourquoi je poste mon témoignage dans différents forums......

voilà la petite histoire :

je faisais une petite sieste (* contexte: le jour je suis dans ma belle-famille et la nuit chez moi duex rues plus loin) avec ma fille, le samedi (21/4), quand j'ai senti comme un écoulement, qui durait un peu trop longtemps pour être honnete.

j'ai filé au toilettes, un peu de liquide puis ça c'est arrêté.

17h. je mets une serviette hyper-absorbante et je me penche sur le net. fissure de la poche des eaux. ok. je change de serviette toute les 1/2 heures, environ. pas plus de contractions que je n'ai eu depuis 4 mois...

je pars (chez moi - ma fille reste avec sa g-m)) vers 19 h 30, personne ne se doute de rien, c'est le top.

dans la rue les contractions se font un peu différentes, je me doute que c'est pour cette nuit.

parfait. je suis a J+5 et je n'ai pas envie de rentrer dans un cercle médical (déclenchement etc). Ca fait longtemps que l'accouchement est commencé : mon bassin a commencer à "bouger" avant mon retard de règles ........plus les contractions pendant 4 mois...(les autres "maux" de grossesse mis à part )

Cette grossesse était beaucoup plus sereine que la précédente, mais physiquement alors :tete-cogne: .

donc la fin de ce trèèèèèèèèèèèèès long accouchement est bienvenue .

j'arrive chez moi. (je mets le chauffage dans ma chambre) je téléphone à mon amie. elle dort chez moi presque tous les soirs mais là il était prévu qu'elle ne vienne pas sauf si je l'appelle.

20 h. pas de réponse. le fixe, le portable. rien.

je passe ainsi nerveusement une petite heure devant mon pc, aucun site ne m'intéresse, je m'ennuie, je n'arrive pas à lire quoi que se soit, j'ai juste envie d'etre dans ma chambre. je telephone regulièrement.

enfin elle me rappelle. elle arrive quelques minutes plus tard.

21h. je continue a changer souvent de serviettes, je coupes des dattes (les meilleures ! -prévues pour l'occasion) en petits morceaux, je demande à mon amie de réciter du Coran sur l'eau, deux petites bouteilles.

on discute un peu et je rentre dans ma chambre avec mes provisions .

mon amie s'installe dans le salon, devant le pc. les contractions sont plus fortes.

22h. tout est bien : la chambre est petite, le lit king size (cfr cododo), le matelas posé derrière et ma table de chevet prennent toute la place, je peux juste ouvrir la porte.

donc, c'est petit, c'est chaud ( tropical presque ), la lumière me permets juste de voir où sont mes affaires (vive le simulateur d'aube :clap_1: ).

les contractions sant carrément plus fortes.

je me déshabille petit à petit. une ou deux fois, je sors dans le froid et la lumière (tout est relatif) pour foncer au petit coin.

je m'asperge d'eau de rose, d'eau de fleur d'oranger, je mets mon huile (huile d'olive VPPF + HE d'ylang-ylang). :wub:

23h ? j'ai faim je mange des dattes et je bois. après je n'aurai plus envie de regarder l'heure.

les contractions sont vraaaaaaaaaaiment plus fortes.

je crois que j'imite tous les sons du bestiaire : t-t-t-t, ssssssssss........ l

la position assise sur (le plastique sur) le bord du lit me convient bien. mais je trouve le temps long entre les contractions, c'est un effort d'etre assise, je ne sais pas quoi faire de mes bras.

la position couchée sur le coté est pas mal, je me repose mais pour les contractions c'est pas du tout le top (les autres positions, c'est l'horreur)

j'alterne ainsi, couchée assise, meme debout en balancant durant quelques minutes.......je cherche mon confort et le temps passe.

finalement je trouve LA bonne position : à "quatres pattes" sauf que au lieu de m'appuyer sur les mains j'ai le buste couché sur le lit, aussi loin que mon ventre me le permets, et les genoux sur le matelas par terre (z-avez compris ?).

je peux supporter les contractions et me reposer.

le temps passe......je dors un peu entre les contractions, je m'en rends compte parce que je reve de petits pains au chocolats ...... ils m'accompagnent dans la contraction suivante....

le temps passe encore.......je commence à pousser des geignements profonds, des sons longs et graves........

transpiration, sueur, liquide amniotique, sang, cris, gémissements, chaleur, pénombre.......les gladiateurs sont des enfants de choeur et deux lions qui se battent ressemblent a des chatons en regard du combat pour la Vie.......

la sauvagerie de ces instants est indescriptible......... c'est un volcan, c'est un tornade, c'est un ouragan, c'est une lame de fond.

Sauvage......dans les jours qui suivent c'est le seul mot qui me viendra à l'esprit en pensant à l'accouchement......

parfois dans un effort de volonté je soulève ma tète de 20 cm, je devisse la bouteille, je bois quelques gorgées avec le meme geste désespéré qu'un assoiffé naufragé dans le désert, puis je me dépeche de revisser avant de m'affaler. la contraction est déjà là.

finalement, j'ai une amorce de poussée durant 2-3 contractions, je pense que je dois etre à 8 cm (en fait je suis à 10). je me redresse.

je crie de toute mes forces et je pousse avec toute l'energie du monde...........(une selle - je sais alors que la tete est à coté - heureusement j'ai tout prévu à portée de main : lingettes et poubelle).

j'ai beaucoup lu que la poussée en expir était meilleure que la poussée en inspir bloqué (avec une belle expression : souffler son bébé) ; aussi que la poussée involontaire est préférable à la poussée volontaire.......eh bien ! tout ce que j'ai appris vole en éclats.

Je crie mon bébé. je pousse avec toute ma volonté et toute l'énergie des instincts involontaires.

volontaire/involontaire, tout s'efface c'est les deux en meme temps, ou plutot toutes les barrières entre les antagonistes s'effondrent. il n'y a plus de catégories. plus rien. il ne reste que la Réalité. au-delà des mots.

je me trouve donc dressée à genoux, avec une petit tete qui dépasse........ je me déplace latéralement vers un endroit plus propre en attendant la contraction suivante.

je crie encore.........puis le Cri se tait, immédiatement suivi par des petits cris....

(3h23)

je prends mon bébé.......c'est une fille. je l'essuie maladroitement puis toujours maladroitement je l'enveloppe dans une autre serviette.

je bois 1/2 litre d'eau d'UN trait avant de m'écrouler sur le coté.

j'essaie de protéger ma fille du froid (pourtant il fait PETANT de chaud), je la mets peau a peau. elle a les yeux fermés et elle pleure un peu.

le temps passe..... les draps mouillés sont froids, j'ai de grosses contractions, heureusement j'ai le chauffage en plein dans les pieds !

enfin (25 min?) au prix d'un grand effort de volonté, je me relève, j'enlève une couche du mille-feuilles (matelas-plastique-drap-plastique-drap), j'expulse le placenta dans un récipient en plastique, je mets un slip avec protection, me recouche sur des draps propres, puis je mets une couverture.

là : je suis bien.

sauf que..........

j'ai encore des contractions............ca va durer ...... 5 jours !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! :tete-cogne:

finalement Hafsa trouve le sein, puis s'endort.

il est 5h. j'appele mon amie.

je m'habille un peu, je désinfecte, ligature, coupe.

ensuite j'habille ma fille et je la pose sur le lit.

je termine de m'habiller et file au petit endroit.

enfin, je me mets au lit, on ouvre les volets, il fait jour déjà.

mon amie range la chambre et me sert un petit déjeuner.

on se recouche (enfin je veux dire : je me couche et elle se re-couche)

je me réveille vers 9 h. j'appelle mon mari en europe, puis ma belle-famille.

tout le monde accourt.

finalement vers midi je vais à la clinique (toute proche).

je patiente quelques minutes à l'acceuil avant que les infirmières comprennent de quoi il s'agit, que c'est un post-partum immédiat, et qu'il me faut un lit, là, tout de suite.

bon. examan gynéco, par la s-f d'abord, ma gynéco ensuite. tout est correct, j'ai juste une erraillure (qui va d'ailleurs cicatriser très vite).

plus tard examen de la pédiatre, très gentille.

les infermières prennent ma tension régulièrement, je refuse les vitamines D et K ( mais pourquoi il tiennent à lui donner les vit les plus toxiques ???????? :nono: non mais)

j'accepte avant de regretter que ma puce aie une prise de sang. je l'entends pleurer dans le couloir. :crying:

mon ainée fait des allers-retours entre la clinique et la maison de sa grand-mère (500 m) :coeur-anime:

mon amie dormira avec moi a la clinique et me sera une aide précieuse pour me permettre de recuperer.

la, je suis vraiment naze et je dors.

je me réveille et dans un instant de panique je ne trouve mon bébé ni dans mes bras ni dans le berceau.

elle dort dans les bras de mon amie. ouf !

je sors le lendemain midi (je suis restée donc, 24 h), avec l'injonction d'aller faire une écho l'après-midi au cabinet de ma gynéco (tout sera ok).

je sors donc de la clinique avec ma fille en écharpe, comme pour la première.

il fait superbe et j'ai dans la bouche le petit goùt interdit d'une victoire sur le Système........je marche en ressentant de manière aigue mon intégrité physique........je n'ai été ni piquée ni coupée, ni dans le bras ni dans le dos ni dans le périnée ni dans le ventre.......je ressens une liberté indiscible........

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Ton témoignage est formidable et je suis impressionné par ton courage et ta volonté. Puisse donner des idées à toutes les femmes. Mais attention, tu as de la chance que ça se soit bien passé... La présence d'une autre personne pour aider et intervenir en cas de besoin me semble essentiel.

Comment va ta fille ?

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Je trouve quand même imprudent de vouloir accoucher seule de cette manière... tu aurais quand même pu te faire accompagner...

De plus, je n'aime pas ta conclusion : le petit goùt interdit d'une victoire sur le Système ... Prendre autant de risques pour défier le système me semble être une belle folie...

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Rype et Boucledor, pourriez vous étayer vos afirmations de chance et de moindre risque en étant accompagné ? Avez vous des notions d'effet nocébo de l'accompagnement ? Les "complications" éventuelles sont bien souvent créer par les accompagnant(e)s, que ce soit à l'hosto ou à la maison, leurs peurs, leurs interventions intempestives... N'est ce pas mettre toutes les chances de son coté de se prémunir de ces éventuels effets négatifs ? Bien sûr il doit bien exister quelques cas extrêmement rare ou la présence d'une personne puisse être une aide mais dans quelle proportion par rapport aux risques encourus par cette présence ? Aucune idée.

Je pense donc que le principal est d'écouté ce que l'on ressent et je suis ravie pour oumsou qu'elle ai pu vivre ce qu'elle souhaitait. Je ne pense pas que c'était le but mais je comprends ce que oumsou ressent par rapport à "l'interdit" tellement la pression de la prise en charge, de la médicalisation est grande.

Pourquoi es-tu allé à la mat oumsou ? Une inquiètude ? Dans quel pays étais-tu (pas en europe je suppose puisque tudis que ton mari y était) ?

Gwenaële

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Je ne suis pas du tout pour la sur médicalisation à outrance de la grossesse évidemment, et je trouve cela beau les femmes qui accouchent chez elle.

En revanche, je trouve cela inconscient de vouloir faire cela seule. Je crois que personne aussi forte et courageuse soit-elle n'est à l'abri d'une perte de connaissance, d'une hémorragie, d'un bébé qui se présente mal, qui ne passe pas, d'un bébé qui a un problème respiratoire, bref une aide quelconque.....

Ce que je n'aime pas, c'est ce rejet de la médicalisation. Alors oui il y a abus, traitement de la grossesse presque comme une maladie, mais denigrer la medecine et ses progrès, non, je ne suis pas d'acoord....

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je ne suis pas contre la médecine :tete-cogne:

ne me faites pas dire.....

je sais qu'il y a un mouvement, aux states, qui voit la grossesse et l'accouchement comme "naturels", alors ils ne voient ni médecin avant la grossesse, ni pendant, ni après.

ce n'est pas ma position. certes marcher en montagne c'est naturel, mais les chutes cela arrive aussi.

autant le dire : le risque zero n'existe pas.

et oui ! on peut mourir en descendant l'escalier......

on peut aussi mourir en conduisant.....mais il y a des facteurs de risques.

là est toute la nuance.

entre :

- une personne ivre, qui roule de nuit à une vitesse exessive, en plein brouillard sur une route verglacée.

- un personne sobre, qui roule le jour à une vitesse modérée, sur une bonne route.

il y a pas photo, et pourtant c'est parfois la deuxième qui va se crasher, mais statistiquement parlant........hein.

j'ai la meme démarche, de considerer tous les facteurs de risques, dans toutes les situations possibles, puis de prendre la situation la plus favorable, statistiquement parlant.

et c'est la bonne réponse, pour moi, à ce moment donné, cet environnement donné.

autres paramètres, autres réponses.

par exemple : ma première était en siège.

je ne suis pas contre les médecins, j'en ai vu pas mal durant ma grossesse...et les analyses et tout le bazar.....(je n'ai quand meme pas pris les antibios et les hormones, mais chut!)

je ne suis pas particulièrement pro-ana, ni meme pro-aad, je suis POUR la physiologie, et pourquoi pas à l'hopital.....(par exemple l'hopital de pithivier ou la clinique montaigne http://www.maxploquin.info/categorie-653816.html )

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Les « risques » de l'accouchement à domicile

From: "Jean-Claude Verduyckt" <jeanclaude.verduyckt@swing.be>

Delivered-To: mailing list naissance@yahoogroups.com

Date: Sat, 24 Feb 2001 00:07:29 +0100

Madame Dorothée Klein, journaliste, avait entièrement raison en écrivant dans son article « Accoucher sans douleur, vraiment ? » dans « Le Vif, l'Express » du 23-02-01 : « (Ou) que certaines décident de mettre leur enfant au monde à la maison, avec tous les risques que cela peut comporter (?) »

En effet, ces femmes-là prennent le risque de ne pas être déclenchées artificiellement (chimiquement ou mécaniquement), celui de ne pas être anesthésiées, de ne pas être conforme à la norme, et de ne pas connaître l'iatrogénie de tout acte technique.

Elles prennent le risque de ne pas être « visitées » dans leur intimité par les doigts d'un(e) inconnu(e). Elles prennent le risque de ne pas être perfusées, et donc de ne pas être reliées par leur veine à la matrice hospitalière. De ne pas être interdites d'alimentation et de boissons énergétiques. Elles prennent le risque de ne pas avoir l'entre-jambes rasé, ni le rectum vidé par un produit irritant, et de ne pas être stériles comme l'exige toute opération chirurgicale. Elles prennent le risque de n'être infectées que par les germes que son organisme connaît, et, honte sur elles, car elles ne contribueront pas à la dissémination des germes résistants aux antibiotiques.

Elles prennent le risque de pouvoir bouger comme elles le souhaitent et de prendre la position que leur corps et leur psychisme leur proposent ou leur imposent. Elles ne seront impudiquement ouvertes qu'aux seuls regards de leur compagnon et de leurs éventuels enfants. Elles obligeront ainsi leur sage-femme à s'agenouiller par terre ; cet inconfort et le sentiment d'infériorité qu'il ou elle ressentira risque de la rendre moins compétent(e). Elles prennent le risque de ne pas bénéficier de la porte qui s'ouvre subitement pour aérer la pièce. Elles prennent le risque de ne pas être assistées par tout le village, et de devoir se passer des conseils et des encouragements de personnes qu'elles n'ont jamais vues auparavent. Elles prennent aussi le risque de devoir, bestialement, uriner comme elles le font habituellement, et donc de ne pas être sondées par une main experte. Elles prennent le risque de pouvoir toucher elle-même leur sexe avec leur mains sales, et de devoir masser elles-mêmes leurs chairs à la place de mains gantées.

Elles prennent le risque de pouvoir prendre leur temps, de ne pas entendre quelqu'un leur intimer l'ordre de pousser comme cela est décrit dans tous les bons manuels. Elles prennent le risque de ne sentir que par elles-mêmes le moment opportun et l'unique manière de se joindre aux efforts réflexes de leur corps et de celui de leur bébé pour naître. Elles prennent le risque de ne pas se conformer à l'ordre établi, et de n'être en phase qu'avec la singularité de leur histoire et de leur être.

Elles prennent le risque de ne pas bénéficier d'une épisiotomie, de ne pas porter la marque indélébile d'un professionnel, d'avoir un périnée intact et de ne pas pouvoir utiliser les glaçons et autres bouées, de ne pas se plaindre d'avoir encore mal plusieurs semaines après l'accouchement, et de ne pas souffir de dyspareunie durant l'année qui suit.

Et comble de l'horreur, elles prennent le risque de porter à vie la responsabilité d'un bébé qui n'aura pas bénéficié de piqûre dans la fesse, de liquide brûlant dans les yeux, de prise de sang dans le talon ou dans la main, d'un tuyau dans les bronches, d'un thermomètre dans l'anus... Elles prennent le risque de devoir rester avec leur bébé continuellement contre elles, de ne pas être réveillées si elles devaient s'endormir dans les heures qui suivent l'accouchement.

Elles prennent le risque de voir devant elles le sourire leur compagnon, d'être intimement touchées par cet homme qu'elles connaissent trop bien. Et eux, ces hommes, prennent le risque de servir à quelque chose, de ne pas pouvoir démissionner, de ne pas pouvoir se soumettre à une autorité, de pouvoir quitter la pièce sans devoir s'excuser, de pouvoir se coucher près de leur femme, de devoir s'endormir dans son lit près d'elle et de son bébé comme ils doivent le faire depuis tant de temps.

Ces femmes-là, en effet, prennent le risque de s'estimer et de ne pas pouvoir aduler et remercier le ou la spécialiste qui aurait accouché à sa place. Mais heureusement, cette barbarie n'arrive qu'à une demi femme sur cent !

Ou, autrement dit, pourquoi faut-il toujours lier la notion de risque à l'accouchement à domicile ? Sans jamais préciser combien de risques sont évités par rapport à ceux créés par l'environnement hospitalier !

Jean-Claude

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Pourquoi es-tu allé à la mat oumsou ? Une inquiètude ? Dans quel pays étais-tu (pas en europe je suppose puisque tudis que ton mari y était) ?

essentiellement pour vérifier l'état du placenta.

et puis l'état du périnée, de l'utérus, pour recouper le cordon.

accessoirement pour raisons administratives (mais oui c'est moi qui ai accouché, pour preuve: signature de la clinique :tete-cogne: )

je vis au maroc.

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Pour répondre à gwénaëlle, le simple fait d'avoir une personne proche de soi, ou en tout cas, dans la maison, même si elle n'assiste pas à l'accouchement permet d'intervenir au cas où: complications, hémorragie, cordon étouffant le bébé, etc... Le risque zéro n'existe effectivement pas et le fait d'avoir une aide possible est toujours un plus, surtout quant la vie d'un enfant et celle de sa maman sont en jeu !

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rype,

1/j'avais une amie dans la maison

2/ "le simple fait d'avoir une personne" peut PROVOQUER une hémorragie. (la france est championne en matière d'hémorragie évitable........due à l'inconscience des accompagants.....ce qui à pour résultat des statistiques périnatales effarentes comparées au autres pays européens. combien de femmes mortes pour rien ? :furious: )

3/quelles complications ? développe.....qu'on rie un peu :rolleyes:

qui dit mieux ?

(accèssoirement, on (une gynéco :tete-cogne: ) m'a affirmé qu'il était ILLEGAL pour du personnel médical (gyneco ou sf) de se rendre à domicile ! et APRES mon accouchement j'ai rencontré une sf qui m'a dit que il n'y avait pas de problème ! si j'en ai d'autres (je ne pense pas), je l'appellerai......à condition qu'elle reste dans le salon :victory: )

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Profil bas pendant la troisième phase de l'accouchement

(traduction de: «Don't manage the third stage of labor!»)

par Michel Odent

© 1998 Midwifery Today, Inc. All rights reserved. Tous droits réservés.

Les journaux médicaux publient de temps à autre des études randomisées contrôlées concernant la troisième phase de l'accouchement. Les études communément appelées «Bristol trial»(1) et «Hinchingbrooke trial»(2) ont été publiées dans des journaux qui font autorité et représentent les principales références.

Dans ce type de recherche, quels que soient les détails du protocole, le «management» de la troisième phase sera «actif» dans un groupe de femmes prises au hasard (cela signifie injection d'un médicament utérotonique dans les deux minutes suivant la naissance, suivi de clampage immédiat et traction controlée du cordon). Parmi un autre groupe le «management» sera qualifié de «physiologique» (Bristol trial) ou appelé «management» dans l'expectative (Hinchingbrooke trial).(2) L'objectif principal est d'évaluer les risques d'hémorragie.

Le fait important est que dans un groupe comme dans l'autre la troisième phase est dirigée («managed»). En fait il y a incompatibilité entre les mots «physiologique» et «management». De plus, quel que soit le protocole, la définition de «management dans l'expectative» est purement négative (pas de médicaments utérotoniques et pas de clampage immédiat du cordon). Or ceux qui ont une bonne compréhension de la physiologie pensent aux facteurs qui peuvent positivement influencer la sécrétion d'ocytocine par l'hypophyse postérieure. Ces facteurs ne sont pas inclus dans les protocoles, alors que les effets des substituts pharmacologiques sont étudiés en détail.

Ce qu'il faudrait étudier

L'un des principaux facteurs que les chercheurs devraient prendre en considération est le confort thermique, parce que si la mère a froid, cela accroît les taux d'adrénaline. Les taux d'adrénaline influencent les risques d'hémorragie. Il ne s'agit pas là de connaissance purement empirique. Une équipe japonaise a étudié les taux d'adrénaline pendant les différentes phases de l'accouchement par une méthode non-invasive(3) (un patch analysant les microvibrations cutanées au niveau de la paume de la main). Cela a permis de confirmer les données d'études mesurant les taux d'adrénaline au moyen d'un cathéter veineux à demeure.(4) L'équipe japonaise a clairement démontré que les hémorragies de la délivrance vont de pair avec des taux élevés de catecholamines. Pour certaines sages-femmes expérimentées il est de plus évident qu'un croisement des regards et un contact de peau a peau non perturbés entre la mère et le nouveau-né influencent l'équilibre hormonal maternel, et en particulier les sécrétions d'ocytocine.

Ce que j'ai appris par des décennies de pratique.

Au fil des années j'en suis arrivé petit à petit à la conclusion que les hémorragies de la délivrance sont presque toujours la conséquence d'une interférence inappropriée. Elles seraient extrêmement rares si un petit nombre de règles très simples étaient prises en considération. Je suis tellement convaincu de la valeur de ces règles qu'il m'est arrivé deux fois d'accepter une naissance à la maison alors même que l'accouchement précédent avait été suivi de délivrance artificielle et de transfusion sanguine.

Je profite de cette occasion pour résumer mon attitude pendant la troisième phase de l'accouchement, afin de souligner la différence avec les attitudes qualifiées d'expectatives ou de physiologiques dans les études randomisées.

Dans des conditions physiologiques, la plupart des femmes ont tendance à se verticaliser au moment même de la naissance (effet probable d'un pic d'adrénaline).(5) Elles peuvent être, par exemple, à genoux ou debout appuyées sur quelque chose. Après un accouchement sans médicaments, quelques secondes suffisent pour entendre et voir que le bébé est en bon état. La première préoccupation est que la pièce soit suffisamment chaude. A l'hôpital de Pithiviers il suffisait de tirer sur un cordon pour activer des lampes chauffantes. Dans le cas d'une naissance à la maison je ne donne pas une liste de ce qu'il faut préparer; je ne parle que d'un radiateur portable que l'on peut brancher n'importe où et n'importe quand (en ajoutant des détails pratiques, tels le besoin d'avoir une rallonge). Grace au radiateur il est possible, en quelques secondes, de disposer de couvertures ou de serviettes chaudes et ainsi de couvrir la mère et le bébé.

Alors mon principal souci est que la mère ne soit pas distraite et ne se sente pas observée. Je m'assure qu'elle se sent libre de tenir son bébé, de regarder ses yeux et de le sentir. Il est plus facile d'éviter les distractions si la lumière est tamisée et si le téléphone est débranché. J'attire souvent le père du bébé (ou toute autre personne qui pourrait se trouver là) dans une autre pièce afin d'expliquer que cette première interaction entre la mère et son bébé ne se reproduira jamais et qu'il ne faut pas la perturber. Beaucoup d'hommes ont tendance à rompre l'atmosphère sacrée qui peut faire suite à une naissance non perturbée.

Pendant l'heure qui suit la naissance je garde un profil bas, volontiers assis dans un coin derrière la mère et le bébé. Quelques minutes après la naissance beaucoup de mères ne sont plus à l'aise en position verticale. Cela correspond vraisemblablement au moment où les taux d'adrénaline s'abaissent et où la mère ressent des contractions qui annoncent la séparation du placenta. Alors il peut être utile de tenir le bébé pendant que la mère trouve une position confortable, presque toujours couchée sur le côté. Il n'y a alors plus d'excuses pour s'immiscer dans l'interaction mère—bébé.

Pendant une heure je ne me pose pas de questions concernant le cordon et le placenta. Couper le cordon quand il cesse de battre n'est pas nécessaire; cela implique que quelqu'un guette le bon moment pour agir. Il n'y a pas de raisons de couper le cordon avant la délivrance du placenta. Suggérer à la mère une position est une autre distraction inutile. La position est influencée le taux d'adrénaline. Quand le taux d'adrénaline est bas et que la mère éprouve le besoin de s'allonger, il serait cruel de suggérer une position verticale.

Au cas où le placenta ne serait pas encore délivré, c'est seulement une heure après la naissance que j'ose distraire la mère afin de vérifier sa séparation de l'utérus, par une manœuvre bien connue des sages-femmes. En fait le placenta est alors toujours soit délivré, soit séparé de l'utérus, si la troisième phase de l'accouchement n'a pas été dirigée et si l'atmosphère sacrée n'a pas été perturbée.

Troisième phase et piscine d 'accouchement

Dans le cas particulier de l'utilisation d'une piscine d'accouchement, il convient d'abord de souligner que la plupart des femmes éprouvent le besoin de sortir de l'eau pour les toutes dernières contractions précédant la naissance du bébé(6) de sorte que dans ces cas la troisième phase se déroule sur la terre ferme. Si la femme n'a pas eu le temps de sortir de la piscine, cela signifie qu'il y a eu un puissant «réflexe d'éjection du fœtus»(7) et que le placenta se détachera probablement en quelques minutes. C'est alors que le besoin de sortir de l'eau se fera habituellement sentir.(8) C'est seulement lorsque la naissance dans l'eau a été planifiée que la situation peut être plus difficile. L'immersion dans l'eau à la température du corps rend les contractions plus efficaces pendant une heure ou deux; ensuite celles ci peuvent s'affaiblir.(9) La femme qui a planifié une naissance dans l'eau devient la prisonnière de son projet et le bébé risque de naître quand les contractions sont devenues moins efficaces; elles le seront encore moins pour la délivrance du placenta.

Pays développés et pays en voie de développement.

Ces considérations sur les processus physiologiques dans la période périnatale s'appliquent aussi aux pays en voie de développement, avec leurs taux élevés de mortalité maternelle. Les hémorragies de la délivrance représentent une cause majeure de mortalité dans le tiers monde, là où le premier contact mère-bébé est puissamment perturbé par des croyances et des rituels. Par exemple la croyance selon laquelle le colostrum est mauvais va de pair avec une séparation précoce de la mère et du bébé.

Biais

Quel que soit le pays considéré, les résultats de telles études randomisées contrôlées sont d'intérêt limité pour celles qui ont acquis une bonne compréhension de la physiologie de l'accouchement. En effet, dans ces études, les processus physiologiques sont fortement perturbés aussi bien dans les groupes d'étude que dans les groupes contrôle. De plus les biais sont nombreux. Par exemple, dans le «Hinchingbrooke trial» le nombre de femmes qui ont refusé de participer à l'étude (976) était supérieur au groupe «management dans l'expectative» (764) et au groupe «management actif»(748). De plus 243 femmes ont été éliminées de l'étude parce que leur concentration d'hémoglobine était inférieure à 10 g/dl,(10) alors même que les résultats d'études portant sur de grands nombres indiquent clairement que des concentrations de 9 à 9.5 g/dl vont de pair avec des statistiques périnatales idéales (elles traduisent une bonne expansion du volume sanguin).

L'avenir

Le «management actif», aujourd'hui très répandu, entretien la croyance selon laquelle les femmes n'ont pas la capacité de sécréter leur propre ocytocine. Il convient de s'inquiéter sérieusement des effets possibles à long terme sur nos civilisations de l'utilisation systématique de substituts de l'ocytocine pendant la troisième phase. Il semble que, dans les milieux médicaux, on ait des difficultés à prendre conscience des effets comportementaux de l'ocytocine, que l'on a appelée «l'hormone de l'amour». Quelle que soit leur perspective, les scientifiques qui étudient le développement de la capacité d'aimer donnent une grande importance à la période périnatale qu'ils qualifient de «critique» ou de «sensible». A propos de l'être humain il convient de toujours penser en termes de civilisation.

Michel Odent est habituellement présenté comme l'obstétricien qui a introduit les concepts de piscines d'accouchement et de salles de naissance «comme à la maison», lorsqu'il était responsable du service de chirurgie et de la maternité de l'hopital public de Pithiviers. Apres sa carriere hospitaliere il a assisté à des naissances à la maison et créé à Londres le «Primal Health Research Centre», dont l'objectif est d'étudier les consequences à long terme des experiences précoces. Voir la banque de données: www.birthworks.org/primalhealth.

Auteur d'environ 50 articles dans la litterature médicale. Auteur de 11 livres publiés en 21 langues. Ses derniers livres en français sont L'Amour Scientifié, Le fermier et l'accoucheur et Les césariennes: questions, effets, enjeux.

Références

Prendeville, W., et al. 1988. L'étude Bristol sur la troisième phase: la gestion active versus la gestion physiologique de la troisième phase du travail. (The Bristol third stage trial: active versus physiological management of the third stage of labour.) BMJ 297: 1295–300.

Rogers, J., et al. 1998. La gestion active versus la gestion dans l'attente de la troisième phase du travail: l'étude randomisée et contrôlée d'Hinchingbrooke. (Active versus expectant management of third stage of labour: the Hinchingbrooke randomised controlled trial.) Lancet 351: 693–99.

Saito, M., T. Sano and E. Satohisa. 1991. Les catécholamines plasmatiques et les micro vibrations dans la progression du travail. (Plasma catecholamines and microvibration as labour progresses.) Shinshin-Thaku 31: 381–89. (Also presented at the Ninth International Congress of Psychosomatic Obstetrics and Gynaccology. Amsterdam 28–31 May 1989 (Free communication no. 502).

Lederman, R.P., et al. 1978. La relation entre l'anxiété maternelle, les catécholamines plasmatiques et le cortisol plasmatique dans la progression du travail. (The relationship of maternal anxiety, plasma catecholamines and plasma cortisol to progress in labour.) Am J Obstet Gynaecol 132: 495–500.

Odent, M. 1990. La position lors de l'expulsion. (Position in delivery.) Lancet (May 12): 1166 (letter).

Odent, M. 1983. L'accouchement sous l'eau. (Birth underwater.) Lancet (Dec 24): 1476–77.

Odent, M. 1987. Le réflexe d'éjection fœtal. (The fetus ejection reflex.) Birth 14: 104–5.

Odent, M. 1998. L'utilisation de l'eau durant le travail—recommandations mises à jour. (Use of water during labour)—updated recommendations. MIDIRS Midwifery Digest 8(1): 68–69.

Odent, M. 1997. Est-ce que l'immersion dans l'eau peut arrêter le travail? (Can water immersion stop labour?) J Nurse-Midwifery 42(5): 414–16.

Odent, M. 1998. La gestion active versus la gestion dans l'attente lors de la troisième phase du travail. (Active versus expectant management of third stage of labour.) Lancet 351: 1659 (lettre).

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Merci Oumsou pour ce très beau témoignage. Cela nous montre le chemin à parcourir pour que les femmes puissent se réaproprier leur maternité, leur accouchement. J'ai vécu deux accouchements très différents l'un de l'autre, le premier je me suis sentie déposséder totalement (accouchement avec césarienne, forceps, épisiotomie, personnel soignant non chaleureux, blues post-partum), le deuxième où je me suis sentie partie prenante, active et à l'époque si j'avais su que la possibilité d'accoucher à domicile existé, j'aurais certainement franchie le pas.

La question d'éventuelles complications avant, pendant, après l'accouchement est un faux problème, à domicile ou à la maternité il y aura toujours une part de non maitrise, et il faut l'accepter, humblement. L'important c'est que les femmes puissent diriger leur maternité et leur accouchement, et n'en soit pas réduite à être qu'un objet entre les mains d'un personnel médical tout puissant. L'information est importante à mon avis, laisser le libre choix aux personnes aussi, pouvoir trouver quelque soit son chemin un personnel à l'écoute, disponible, non intrusif et qui vous laisse être. Moi je trouve qu'il y a un énorme travail à faire auprès des jeunes filles concernant les mots à mettre sur leur corps, leur sexe, leur sexualité, chose qui n'est à l'heure actuelle pas du tout fait. Le corps feminin malgrès l'exibition qui en est fait aujourd'hui dans nos sociétés occidentales, est en faite paradoxalement un corps tabou pour la femme, chosifier par les publicitaires, le corps médical, la famille. Une question me tracasse, comment sortir de cela?

J'espère que je n'ai pas trop divagué du sujet initial :blushing:

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