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esTerre

éclosion D'un Lotus

11 posts in this topic

Et bien ma petite fille a déjà bientôt 1 an mais en tombant sur ce post j'ai souhaité offrir mon témoignage.

"Née au Ladakh

le 17 avril 2007. Voilà bientôt 2 semaines que j'attends. D'après les docteurs, l'accouchement aurait du avoir lieu le 1er avril. Mais, Bébé a décidé qu'il choisirait lui-même le bon moment pour venir au monde. Je dois avouer qu'il n'a part tort de retarder sa venue car jour après jour, le temps se fait de plus en plus magnifique. Il s'accorde au printemps qui est en pleine expression.

Les arbres ont revêtu leurs verts bourgeons, certains sont même déjà plein de bouquets de fleurs roses qui embaument l'air d'une douce odeur de vie; les oiseaux piaillent à tout coeur et amassent des brindilles en vue de la construction des nids, l'eau revient doucement dans les caneaux (qui vont irriguer les champs)...

Partout, c'est le renouveau, la naissance...

C'est comme si on était en phase avec l'Univers, en accord avec les lois de la Nature.

Après quelques inquiétudes sur ce retard, je reprends confiance (merci Ananda, merci Carol) et accorde toute ma confiance à ce petit être qui est en moi...

La journée passe et je sens que les contractions se font de plus en plus fréquentes...et de plus en plus intenses. J'ai le pressentiment que le moment est arrivé. Pourtant, en même temps je n'ose y croire...je ne sais pas. Après une demi journée de contractions de plus en plus douloureuses, il m'apparait qu'effectivement c'est surement pour aujourd'hui. Je ne sais pas vraiment quand est-ce qu'on considère que le travail démarre. Mais devant ces contractions à répétition, on met tout en place. Je m'assied à terre. Il me semble impossible et même inhumain de rester allongée sur le lit. Comment peut on faire subir cela aux femmes à l'hôpital !!!

Je suis contente de vivre ça, ici dans l'intimité de notre chambre. Je peux me déplacer, changer de position comme bon me semble, vivre mes inconforts physiologiques sans avoir le regard de docteurs et d'infirmières inconnues sur moi. Concevoir qu'il est possible d'aller aux toilettes pendant le travail ; faire une pause, boire...

Samuel est là près de moi, prêt à m'assister dès que les contractions se manifestent, par des massages dans le dos, en me soutenant le corps... il est comme un pilier dans mon dos sur lequel je m'appuie, je me relâche, je puise mon énergie, une partie de ma douleur est ainsi soulagée.

L'avoir ainsi près de moi, attentif à tous mes gestes me rend plus forte.

A chaque contraction, je respire et j'accompagne le mouvement de Bébé vers la sortie. Parfois, j'ai la sensation d'être en hyperventilation, alors je fais quelques expirs le plus calmement possible, pour retrouver mes esprits. Par deux fois, des nausées m'obligent à aller vomir . Là encore je pense à la gêne que j'aurais ressentie si j'étais à l'hôpital. Ces pensées me redonnent de l'énergie. Le travail a commencé vers 2 heures du matin, le temps passe, il est déjà 6 heures, le jour pointe. Je trouve que c'est terriblement long, la douleur est terrible. Pendant les temps de repos, parfois le doute m'assaille, il y a un grand silence en moi. Intérieurement, j'appelle Bébé, j'aimerais qu'il bouge, qu'il me fasse un petit signe... Rien. Une petite vague de peur s'empare de moi. Une petite voie mesquine tente de me saper le moral et me dit "tu vois, tu veux faire l'originale, accoucher à la maison, sans assistance...tu te rends compte des risques, c'est totalement irresponsable..." J'entends cette voix et je veux qu'elle se taise.

Non, je sais qu'on a fait un bon choix, non par égo mais pour le bien-être de Bébé. Je sais qu'il le sait et j'ai confiance en lui.

Soudain, des petits coups sur mon côté droit, il est là, prêt à reprendre son parcours.

"Oh, mon amour, je suis là aussi prête à continuer". La douleur est de plus en plus forte mais une nouvelle énergie est en moi. Je sens que dans peu de temps il sera là avec nous.

Dehors il fait jour.

De la position assise, je m'accroupis. Samuel me maintient dans le dos. Une première poussée. Je sens que ça arrive. Oui. On voit le sommet du crâne. Une fois encore je pousse de toute mes forces. J'ai mal, c'est comme un déchirement, pourtant la vue de la tête de Bébé me fait tout oublier, une vague de bonheur me parcoure. Samuel passe devant moi et accueille Bébé, dont le reste du corps sort d'un seul coup.

On se regarde. Le sentiment qui nous relie est indescriptible à ce moment-là, c'est comme un arrêt dans le temps. Il me met Bébé dans les bras. C'est le grand soulagement. On en a même oublié de regarder son sexe. On le fait. C'est une fille.

De tout mon être, je remercie la Terre-Mère, gardienne de nos corps et de notre santé ; je la remercie d'avoir exaucé nos voeux.

Mais ce n'est pas tout à fait terminé, il ne faut pas oublier le second accouchement, celui du placenta.

Que serait une fleur sans ses racines ?

Après une vingtaine de minutes, le placenta est expulsé. Ca y est.

On exulte de joie. On y est arrivé. Notre petite fille est là, les yeux grands ouverts. Moi encore maladroite devant ce petit corps, je le sers contre moi pour qu'il prenne ma chaleur. Je ne sais combien de temps nous resterons ainsi, tous les trois, collés les uns aux autres, dans un silence plein d'émotion, d'amour et de joie.

Le jour est levé.

Epuisée, je vais me coucher avec Pema, son cordon et son placenta.

Nous avons opté pour une naissance lotus, c'est-à-dire sans couper le cordon et en gardant le placenta. Ainsi, le bébé ne subit aucun stress à la naissance. Une naissance sans violence, consacrée à l'amour.

Telle la fleur de Lotus, le bébé puise sa force dans son réseau racinaire (le placenta), au travers de sa longue tige-racine (le cordon). Une fois qu'il sera ancré dans ce nouveau monde, il s'en détachera naturellement, en douceur.

C'est par un acte d'amour pour Pema (signifie Lotus en tibétain) que nous avons choisi de vivre ainsi cette naissance.

Puissions-nous inspirer certains, comme d'autres couples l'ont fait pour nous."

Et voilà depuis 11 mois et 4 semaines ont passé et c'est toujours le bonheur

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:coeur-anime:

Merci de ce partage :fleurs:

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Oui, merci esTerre pour ton témoignage.

Cela m'a profondement ému.

J'ai lu beaucoup de témoignages sur les naissances à la maison, mais le tien est peut être celui qui m'a plus touchée.

Peut être parce que tu ne cache pas les moments d'incertitude à propos du choix fait et ça rend tout très humain.

Ca me donne envie de tenter cette expérience unique!!!

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c'était très émouvant et si je devais "un jour" recommencer (ma fille a 19 ans) je ne referais certainement pas le parcours médecin/clinique ultra médicalisé.

Merci de nous avoir fait vivre ce moment

:coeur-anime:

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Merci pour vos remerciements

En tout cas, chaque jour à travers le sourire de Pema et face à ces grands yeux pleins de joie je me dis qu'une naissance pareille à un sens. Alors merci à ceux qui m'avaient fait don de leurs propres témoignages et m'ont inspirés :gardecoe:

ps: Pema a maintenant 1 an et 1 semaine :36:

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Bonjour à toi esTerre et à ton petit Lotus,

J'ai lu ton récit, si sincère et si intime, que j'ai vraiment eu l'impression de vivre cette naissance avec toi !

C'est extraordinaire, et tout simplement magnifique...

Plein d'amour à vous sur cette terre :coeur-anime:

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bravo!!!

j'ai toujours pensé à accoucher de cette manière, et je pense que je m'en sortirais bien, mais je n'en ai pas le courage. A mon premier accouchement ma tension est tombée si bas que je me suis évanouie et le bébé aurait été en danger si je n'avais pas été assistée. :unsure: mais j'aurais bien aimé pouvoir me mettre dans diverses positions quand j'en avais envie, même si l'accouchement (de jumeaux) a duré en tout 1h45 seulement!...

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Exode 1:18-19

" Le roi d'Égypte appela les sages-femmes, et leur dit: Pourquoi avez-vous agi ainsi, et avez-vous laissé vivre les enfants?

Les sages-femmes répondirent à Pharaon: C'est que les femmes des Hébreux ne sont pas comme les Égyptiennes; elles sont vigoureuses et elles accouchent avant l'arrivée de la sage-femme."

les femmes des hébreux étaient esclaves et travaillaient durement, les femmes égyptiennes étaient plus passives. Les femmes d'aujourd'hui (je parle bien sûr d'une généralité et non pas d'un cas par cas) perdent la capacité premièrement de mener leur grossesse à terme (les hopitaux s'emplissent de manière de plus en plus importante de femmes en risque d'accouchement prématuré) pendant que leurs maris ont perdu 50% de leurs spermatozoïdes; finalement la capacité à accoucher seule (inhérente à chaque espèce animale) va se faire de plus en plus rare si nous continuons à nous sédentariser de cette manière (le film Wall-E explique bien cela aux enfants!). Alors il faut se bouger plus et réduire les polluants autour de nous si l'on veut espérer perpétuer la race humaine!! :victory:

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merci de ce superbe témoignage, j'en suis encore toute émue, toute pleine de frisson aussi.

Je crois que j'aurais beaucoup de mal à m'exprimer sur une expérience qui semble si forte et surtout si intime, merci ce présent.

je suis tombée sur des photos de votre aventure au Ladhak sur le site de kokopéli, vraiment extraordinaire - vous surtout ! :flowers:

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