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Biosphere

Naissance D'eurydice

12 posts in this topic

Ce jeudi 17 janvier, j'en suis à 40sa +3 jours.

La veille, j'avais bu ma première tasse de tisane de feuilles de framboisiers sans grande conviction. J'avais pris rdv le lundi 21 avec ma SF pour un décollement des membranes (joyeuse perspective, vu l'intense douleur que j'avais ressenti pour cette opération lors du déclenchement de Josh....).

Le matin du 17, je fais mon habituelle grasse mat', Denis étant là pour s'occuper de Josh. Levée à 10h, donc, je note que je ressens des petites douleurs dans le bas-ventre.

2ème tasse de tisane, j'envoie Denis acheter des pains au chocolat en lui disant en riant d'en prendre à profusion, au cas où ça serait le grand jour et que les SF n'auraient pas eu le temps de petit déjeuner.

A 10h30, on mange, je sens maintenant de vraies contractions, mais rien de très douloureux. Elles se rapprochent de + en +, espacées de 9, puis, 5 minutes. Aux toilettes, je constate que je perds un peu de bouchon muqueux. Et là, je me dit "ca y est!", je suis toute excitée et pas du tout anxieuse.

Je joue avec Josh et range la maison.

11h, je dis à Denis de téléphoner à la SF, elle me demande de prendre un bain (inutile, je sens que le travail est lancé...)

Je me plonge donc dans un bon bain moussant, Josh reste à côté de la baignoire et joue avec ses petites voitures, on lui explique ce qui se passe. Denis m'administre mon traitement homéo et le rescue avec une régularité admirable!

11h15, les contractions sont de + en+ fortes et rapprochées, mais c'est gérable, je me réjouis de gérer et dit à Denis que si c'est ça des contractions de travail, c'est de la bibine, si je savais ce qui m'attendais hihi!

11h30, ça s'intensifie, je me mets dans ma bulle d'auto-hypnose à chaque contraction, et entre, je parle à Josh, le rassure, converse avec Denis.

Midi et demie. On décide de re-téléphoner à la SF car ça s'espace de 2 minutes à peine. Elle nous répond qu'il lui faudra environ 45 min pour arriver, je commence à me dire que ça va être juste. Puis Denis téléphone à notre amie Corinne, qui va s'occuper de Josh pendant la délivrance.

13h, je me sens littéralement me dilater en temps réel, le bain devient insupportable. Je décide d'en sortir et de migrer vers mon petit nid aménagé à l'étage.

Petit à petit, je me sèche, m'habille et, grâce au ballon d'hapto je parviens au pied de l'escalier. J'avance au ralenti tout en prenant soin de rester détendue et concentrée. J'ai très peur que mon utérus parte en crampe et de ne plus rien maîtriser. Je monte petit à petit, en me tenant le bas-ventre et au-dessus de l'escalier, j'entends Corinne arriver.

Denis reste un moment en bas pour installer Corinne et son bébé et rappeler à Josh qu'il devra rester en bas. Pendant ce temps, je douille de plus en plus, mais j'arrive au matelas ou je me pose à 4 pattes.

J'entends Josh hurler parce que Denis le laisse à Corinne pour me rejoindre. Pendant 15 min, elle va le rassurer sans relâche pendant qu'il continuera à crier, pour ensuite se calmer d'un coup.

Puis, brusquement, je sens une contraction plus forte que les autres, et la poche des eaux rompt. Une odeur chaude, animale se répand dans la pièce. Incapable de faire un mouvement, j'ai un moment de découragement parce que j'ai vraiment très mal, l'image de la péri réconfortante me passe devant les yeux, je me dis alors que j'ai atteint ce fameux point limite dont parlait la SF, je sais alors que je suis à dilatation complète. Heureusement, entre les contractions, je n'ai pas mal du tout, et je peux reprendre mes esprits.

Il est 13h30, la SF arrive enfin, elle me fait un TV et me dit que je peux pousser, mais bizarrement je n'en ressens pas l'envie. On essaie plusieurs position, mais en définitive, la position 4 pattes, torse surélevé me convient le mieux (la joue écrasée contre le ballon hihi).

J'enfonce mes dents dans le bras de Denis, je souffle, j'émets un son "hoooooooouuuuu", je suis crispée, je n'arrive plus à rentrer dans ma bulle, la douleur est inimaginable.

Je sens mon bébé s'avancer dans mon bassin. Et brusquement, mon périnée le pousse hors de mon ventre, par 3 fois.

Je dois quand même pousser moi-même pour que la tête franchisse l'entrée du vagin, mais c'est hyper dur. J'essaie, mais j'ai l'impression de pousser mal, j'ai très mal au coccyx.

Instinctivement, je serre les fesses, la SF me reprend "laisse-là sortir, pousse-là, il ne faut pas qu'elle reste trop longtemps coincée là".

Alors, je pousse le plus fort que je peux en criant "soooooorrrs!", ça brûle, c'est dingue.

Après 15 min de poussées, elle sort enfin, tête, puis corps très très vite, recueillie par Denis . Il est 14.11

Un soulagement infini m'envahit. Je reste quelques minutes dans la même position, puis la SF me passe le petit corps chaud et bleuâtre entre les cuisses. Elle pleure très peu, en bonne professionnelle hihi, je la stimule, lui tapote le dos, l'aide à cracher le liquide amniotique de ses poumons. Très vite elle rosit.

Je me retourne et me couche, avec mon bébé sur le sein. Le cordon cesse vite de battre.

Josh nous rejoint et avec Denis, coupe le cordon. Il est intrigué mais nullement effrayé ou angoissé. On reste un long moment à 4 à savourer le calme retrouvé. Eurydice attrappe le sein et ne le lâchera quasiment pas avant la soirée, où elle sombrera dans un profond sommeil.

On m'essuie les jambes, la SF presse mon ventre et dans une dernière contraction, le placenta sort doucement. La Sf l'examine sous l'oeil attentif de Josh.

Au final, je pourrai me lever, en forme et avec une petite éraillure seulement, et aller prendre une bonne douche 3 heures après l'accouchement.

Le soir même, la vie avait reprit son cours, à la différence de la petite vie nouvelle qui dormait dans son couffin :-)

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:flowers:

Merci de ce magnifique témoignage... :gardecoe:

L'auto-hypnose, l'avais-tu apprise par une préparation en hypno-naissance?

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Wahou !

J'ai été si touchée par la beauté de ton témoignage que j'en ai eu les larmes aux yeux. Tu as aussi accouché de Josh chez vous ? Je trouve cela vraiment important de vivre cet évenement si précieux en famille et dans son Univers.

Merci encore pour ce beau récit.

Amicalement, :fleurs:

Naty

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Gayanée, oui j'ai suivi un atelier d'auto-hypnose auprès de la SF qui me suivait

Sylhide, j'ai accouché de Josh en maison de naissance, c'était bien aussi mais rien à voir avec l'AAD!

Pour bb3, nous envisageons un ANA...

Merci de vos mots :blushing:

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Cela me fait froid dans le dos, un rien et c'etait la cata.

Si nous avions choisi l'accouchement a domicile je ne suis pas certain qu'aujourd'hui nous profitions d'une agreable famille.

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"un rien"??

Accompagnée par une sage-femme expérimentée et par un compagnon très présent, ce "un rien" aurait été détecté assez tôt pour filer à l'hosto s'il avait fallu.

Les statistiques de l'OMS l'ont amplement prouvé : pour une femme en santé et ayant une grossesse normale, accoucher à la maison est tout aussi sécuritaire (si pas plus), qu'à l'hosto.

Donc, pourquoi en avoir si spécifiquement peur?

Je pense que les personnes qui font ce choix-là, qui prennent la responsabilité d'accueillir leur enfant sous leur toit, elles réfléchissent énormément à l'acte de naissance, au fait de donner la vie... Et ils se renseignement beaucoup sur les critères qui font qu'une grossesse se passe bien et permet, en toute sérénité, d'envisager une naissance à la maison.

Ils rencontrent la sage-femme plusieurs fois et elle s'assure de leur confiance, de leur calme, de leur force, etc. Leur préparation n'est pas prise par dessus la jambe, ils s'impliquent à fond.

Je suis partisane de la naissance à la maison (pour les grossesses normales et les femmes en santé) et j'aimerais un jour vivre cela moi-même. Voici mon raisonnement :

La vie, personne n'en sort vivant...

Et lorsqu'on le sait, je comprends que certains parents préfèrent accueillir leur enfant dans les meilleures conditions du monde selon eux (chez eux), au lieu d'aller dans un endroit où l'on ressent tout autour de soi le spectre de la maladie (à l'hosto)... et ceci même si, comme cela arrive hyper-rarement, une urgence-urgentissime se déclare inopinément durant la naissance et que leur enfant décède. Ils prennent ce risque-là, car c'est ce qu'ils estiment qu'ils peuvent lui offrir de plus merveilleux. Et ils s'apprêtent à la Vie. Tout en n'ayant pas assez peur de la mort que pour vouloir à tout prix le risque zéro qui, même à l'hosto, rappelons-le, n'existe PAS.

J'étais à une conférence d'Isabelle Brabant, la semaine passée. Elle nous rappelait que, lors d'un accouchement à l'hosto, si l'équipe d'urgentistes/anesthésistes/chirurgiens/... sont déjà occupés à opérer quelqu'un au moment où l'accouchement "dérape" et qu'on a besoin d'eux : ils ne peuvent pas faire 2 choses en même temps. Ou si il faut les appeler car ils sont chez eux, si cela a lieu de nuit par exemple : la patiente a beau être sur les lieux, eux ne le sont pas toujours.

Le mythe de l'hosto "où il ne peut rien nous arriver" : elle l'a bien montré, on peut sérieusement en douter.

Elle nous a également parlé de la communauté Inuit, où elle a longtemps travaillé : ils ont préférer re-créer une petite maternité, avec uniquement des généralistes et des sages-femmes (pour éviter que les femmes enceintes ne doivent quitter leur ville durant les semaines précédant la naissance, afin d'être dans un hosto moderne mais très loin de chez elles... Car cela créait des problèmes : laisser ses autres enfants dans d'autres familles, etc.). En quelques années, pour toutes les grossesses normales : ils n'ont perdu qu'UN seul bébé à la naissance qui aurait peut-être été sauvé si la naissance avait eu lieu tout près d'une salle d'op. Mais aucun autre décès. Alors que les statistiques nord-américaines de bébés décédés en cas de grossesse normale sont supérieures à cette valeur... Conclusion : si elles avaient continué à accoucher à l'hosto, elles auraient perdu PLUS qu'un seul bébé...

Certaines personnes ont besoin d'un entourage sécurisant, du type 'hosto'. Alors qu'elles puissent profiter d'un hosto est primordial pour qu'elles puissent vivre un accouchement sereinement.

Mais pour les personnes qui désirent accueillir leur enfant à domicile, cela devrait être tout aussi facile de planifier un AAD.

L'intermédiaire, une maison de naissance, c'est très important pour des personnes qui désirent moins de médicalisation mais pas pour autant être à domicile.

Ces 3 possibilités devraient être sur le même pied d'égalité car les parents sont tous différents et il est primordial de pouvoir répondre à leur besoin, quel qu'il soit. :flowers::gardecoe:

Pour les personnes intéressées par cette proposition, il y a une pétition du CIANE pour diversifier l'offre autour de la naissance en France : http://perinatalite.over-blog.com/8-categorie-10252945.html

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Je suis tout à fait d'accord avec toi Gayanée. Je pense que le premier risque que l'on fait courir à l'enfant à naitre c'est de ne pas avoir confiance et d'alimenter des peurs (qui sont un véritable poison). Il est important que les parents reprennent confiance en leur capacité d'être de réels parents c.a.d concevoir, vivre une grossesse harmonieuse et sereine et accueillir l'enfant dans les meilleures conditions possibles. Retrouver une attitude naturelle face à la venue d'un enfant demande un profond travail personnel pour ceux qui sont pris dans le système conventionnel, mais c'est aussi une magnifique aventure humaine.

Biosphère, ton témoignage est très beau, j'avais eu cette même douleur au coccyx et je me disais "eh bébé c'est pas par là la sortie !! :crying: ca fait trop mal" et puis finalement elle est sortie et là vraiment c'était la délivrance !!! :clap_1:

Je veux accueillir le prochain (qui n'est pas encore conçu physiquement mais psychiquement un petit frère est en maturation :rolleyes: ) à la maison.

Communément on a l'impression que l'accouchement est considéré comme une maladie d'où la nécessité d'être pris en charge par un corps médical !!!! C'est triste.

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Cela me fait froid dans le dos, un rien et c'etait la cata.

Si nous avions choisi l'accouchement a domicile je ne suis pas certain qu'aujourd'hui nous profitions d'une agreable famille.

Un rien aurait été détecté par la SF, ou par moi (je suis infirmière en néonatologie). Absolument rien n'a été laissé au hasard. Nous ne sommes pas des hurluberlus inconscients....

Merci de vos mots

Coelya :victory:

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Cela me fait froid dans le dos, un rien et c'etait la cata.

Si nous avions choisi l'accouchement a domicile je ne suis pas certain qu'aujourd'hui nous profitions d'une agreable famille.

Peut-être peux-tu développer ?

Ca veut dire quoi "je ne suis pas certain qu'aujourd'hui nous profitions d'une agreable famille" ?

Je crois que sur 10 accouchements qui ont "mal tourné" à l'hôpital, il y en a 9 pour lesquels je sais dire ce qui a foiré et pourquoi ça ne serait pas arrivé à la maison. Mais les médecins ont bien réussi leur lavage de cerveau et de faire croire qu'ils ont sauvé la vie de l'enfant (et de la mère) alors que s'ils n'étaient pas intervenus d'une manière ou d'une autre (tv, perf, péri, rupture de la poche, monito ...), l'accouchement se serait passé sans problème.

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:fleurs: félicitation et hourra pour ce petit bout de fille, sa maman et toute sa petite famille ! :flowers:

ma fille est née i y a 15 ans, j'étais alors très jeune et l'hosto était la seule solution que je connaissais, les cours d'accouchement sans douleur à l'époque c'était de l'incitation à la péridurale. J'ai beaucoup de chance, dans la mesure ou ma fille est arrivée très vite et sans problème (la salle d'à coté ça a duré 26 heure T_T)

Mais j'ai détesté toute cette médicalisation qui m'a fait vivre mon accouchement comme une maladie. On te colle des fils partout, perf et moniteur, on prive de ton bout de choux à peine né, etc. Avant l'accouchement la salle vue lors d'une visite m'avait fait pensé à une boucherie ou un labo d'expérimentation. C'était froid. Du temps de ma mère la maternité tait peinte en rose, la sage femme présente et aimable. ça n'avait rien à voir.

Honnêtement je trouve qu'il faut beaucoup de courage maintenant pour envisager une naissance sans péri "anti bobo" et encore plus à la maison :)

J'admire vraiment qu'on puisse envisager avec sérénité de se passer de cette facilité dont je sais bien qu'elle est risquée et probablement toxique. En même temps, plus ça va plus je me dis que ça a toujours été comme ça, et que c'est la péri qui est une exception dans le fil du temps. On me raconte ici au village des femme qui arrêtait leur travaux des champs, montait à l'étage de leur toute petite maison pour y mettre seule un enfant au monde et repartait travailler le jour même ou le lendemain. :blink:

Bien que ma propre expérience ait été parfaitement facile, sans complication, et merveilleuse, une part de moi continue de trouver que la grossesse et la maternité, les accouchements, ne sont "pas naturel" (avouez que c'est un paradoxe ! :blushing: )

C'est à dire inconsciemment, je pense que pour moi c'est bien identifié comme une maladie : on voit le docteur tout le temps (en plus les gynéco sont du genre débordé qu'on voit entre deux protes sans le moindre contact humain). On fini à l'hôpital sous perfusion et sous anesthésie avec une cicatrice arbitraire dont on se passerait bien. Pour finir on traite le nouveau né comme un futur ou potentiel malade.

Mais, comme le dit esTerre, peut être que ça va plus que ça, et que c'est effectivement aussi la confiance en soi pour l'enfant, et le fait que dès la première minute, cela met en cause notre sens de la compétence en tant que parents…

Avec le recul et les expérience des amies, je pense aussi que certains procédés médicaux sont des facteurs de risque aggravé pour les mamans et les bébés à naitre (en particulier de mon point de vue non professionnel : les accouchements déclenchés et les bavures de péridurales, le bébé qui passe pas mais on met 12 heure à s'en rendre compte). Bref, un tel nombre d'histoires d'accouchements pourraient finir dans un livre d'horreur, que je me donne l'impression d'être une exception, tant tout c'est bien passé.

Je crois que c'est formidable de se battre pour rendre la maternité aux femmes, une maternité naturelle, un don et un pouvoir de donner la vie qui ne devrait pas être vécu avec tant d'angoisse, ou être annexé par la science médicale. Les maisons de naissances me semblent d'ailleurs une formidable alternative :D (merci aussi de ton éclairage, Gayané :flowers: )

En vivant à plus d'une heure d'un hôpital ayant en plus des échos déplorables quant aux pratiques locales, si je devais remettre ça, malgré mes appréhensions de

chocotarde urbanisée, je crois que je considérais plus que sérieusement une naissance à la maison.

Pour ça aussi, encore un grand merci pour ce témoignage émouvant.

Les expériences partagées ici, n'apporte pas que des émotions fortes et humainement touchantes, elles montrent aussi un autre chemin, une rationalité retrouvée et maitrisée, car je suis effectivement convaincue que les parents qui font ce choix l'ont murement réfléchi :)

alors encore toute mes félicitations et merci beaucoup :gardecoe:

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