Guest Guerson

Interdiction Des Preparations A Base De Plantes

92 posts in this topic

:flowers: la bibliothécaire te salue, chère documentaliste...as tu été voir la première pétition en début de ce fil ? C'est exactement la même, à deux trois détails près, elle aussi était très bien réalisée (1er message à la page 1 du présent sujet). Les lobbys sont extrêmemts doués pour manier la comm et tous ses rouages, il s'agit de rester vigilant, sans être paranos !!! et si c'est la suite du dernier hoax sur le même sujet (ce qui est une forte probabilité vu que c'est la même signature), c'est bien plus complexe qu'une affaire de dons. Il s'agit d'un réel lobby d'une partie des fabricants de micro-nutrition et autre fabricants de pilules miracles, qui manipulent l'info à leur avantage, mais cela ne concerne absolument pas les herboristes, ni ceux qui plantent et récoltent des PPAM, contrairement à ce qu'ils veulent faire croire. Et je ne sais même pas exactement ce qu'ils cherchaient à atteindre avec le premier hoax ! Et comme d'habitude, une part des informations sont justes, et ça fait passer le reste aux yeux du tout public, le reste qui est de la manipulation (merci le syndicat des plantes d'avoir levé le lièvre à l'époque !)

Bon, suite au prochain numéro, je vais faire des recherches pour éco bio.

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Merci Nomade de suivre le sujet !

Super nouvelle le diplôme d'herboriste.

Concernant les buts de cette pétition, oui, on peut imaginer qu'il s'agit d'attirer le maximum de gens en jouant sur la corde sensible, afin de les garder sous le coude ... S'ériger comme la principale source d'infos sur la matière est habile car les personnes intéressées par les thérapeutiques "naturelles" mordent à l'hameçon et pourront ensuite être gentiment redirigées vers les labos de tout poil (à gratter ?).

Heureusement, le site du syndicat des simples est très bien fait et régulièrement mis à jour ... :-)

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Après ce "bonne nuit" ironique ; me voici de nouveau. Mais bon, cette fois ci encore, peut être, mon message sera t-il censuré...

Si vous préférez ne pas voir ce qu'il se passe par confort, laissez le message au moins pour les lecteurs qui méritent mieux que des suppressions arbitraires d'informations qui ne plaisent pas au modo passant par là.

Maladie de Lyme : Les souches homéopathiques ne sont plus trouvables : elles ont été interdites il y a peu ! Les malades ne peuvent plus se soigner pour cette maladie par homéo !!

Et parallèlement en france, dans un déni total de diagnostic (100 fois plus de malades déclarés en Allemagne qui reconnait cette maladie), on en remet une couche en supprimant le remède alternatif à base d huiles essentielles !

+ fermeture d'un laboratoire qui diagnostic la maladie avec une méthode peut répandue...

Bref, tout est fait pour que l'on ne se soigne qu'avec des antibiotiques : les thérapies alternatives telles ici l homéopathie et l aromathérapie se sont fait descendre à boulets rouge... mais tout va bien n'est ce pas ?

Voici un texte sur le sujet :

Bernard Christophe, diplômé d´Etat en pharmacie, préparateur du Tic Tox, un traitement contre les borrélioses (maladie de Lyme, attribuée aux tiques), dénonce le comportement de l´Afssaps qui vient d´interdire son produit. Selon lui, la pathologie est sous-évaluée en France, avec « seulement 10 000 cas reconnus, contre un million en Allemagne » ! Mais

Le Tic Tox est retiré de la vente.

Passionné par une famille de bactéries très particulières, lesborrélies, Bernard Christophe est devenu un spécialiste de la maladie de Lyme, une pathologie encore mal connue qui donne bien du fil à retordre aux médecins car elle est difficile à déceler tant les symptômes peuvent être variés. Il y a quinze ans, diplômé en pharmacie (spécialité biologie), il a mis au point un remède naturel, qu´il a baptisé Tic Tox, d´abord pour tuer les tiques puis les éventuelles borrélies transmises lors de la morsure.

Mais il est aujourd´hui dans le collimateur de l´Afssaps (agence du médicament) : sur décision de « police sanitaire », son remède vient d´être interdit le 2 janvier dernier. Son laboratoire, Nutrivital à Mundolsheim, qui commercialise ce produit à base d´huile essentielle de sauge officinale, est lui aussi contraint à la fermeture par dépôt de bilan.

« Ils ont retiré le Tic Tox ! »

Dans le monde des malades de Lyme, l´info s´est répandue comme une traînée de poudre : « Ils ont retiré le Tic Tox ! » Le petit Réseau sur la borréliose de Lyme en France (1) ne cache pas son inquiétude et son indignation, dans un récent article paru sur son site. Ce retrait est « un vrai séisme à la mesure de l´importance que revêt pour la communauté des "chroniques", ces rejetés de la médecine qui n´ont pas d´autres choix de traitement, ce complexe d´huiles essentielles dont on ne compte plus les effets bénéfiques ».

En cas d´échec du traitement officiel (à savoir une antiobiothérapie de quatre semaines maximum, pas toujours efficace et potentiellement agressive pour l´organisme), les malades de la borréliose pouvaient se tourner vers ce remède, par ailleurs conseillé par certains médecins phytothérapeutes.

« C´est un véritable scandale aux multiples facettes qui soulève les questions du rôle et de la compétence des autorités sanitaires, du coût des homologations, des priorités de santé publique, de la médecine dite "alternative". Des centaines de personnes, voire des milliers, en France mais pas seulement, sont désorientées. Comment cette affaire est-elle possible ? »

Forte concentration de thuyone

Maladie de Lyme : les tiques ne seraient pas les seuls coupables.Photo Ghisdav, licence CC.

« Qui a de la sauge dans son jardin, n´a pas besoin de médecin », dit le dicton.

Cette plante, aux propriétés bactéricides connues, est interdite en France à la commercialisation sous la forme d´huile essentielle (une forme concentrée obtenue par distillation et qu´on ne trouve donc pas naturellement dans la nature), du fait de la forte concentration de thuyone, un principe actif qui peut provoquer des convulsions à haute dose (neurotoxique et abortive). La commercialisation de la sauge officinale sous la forme d´huile essentielle pure a donc été réglementée en France. En Allemagne et Autriche, elle est en vente libre avec une recommandation de prise journalière maximale de 0,3 ml, c´est-à-dire la dose qui figure dans un flacon de 15 ml de Tic Tox (pour un mois).

Aux doses indiquées par le protocole du Tic Tox, les malades ne courraient aucun risque, assure Bernard Christophe (voir son site). « Dans la dose journalière maximum de 15 gouttes il y a 3,75 mg et maximum 4,5 mg de thuyone. Or l’Afassaps écrit que la dose acceptable établie à partir des données bibliographiques disponibles est de 4,8 mg par jour ! Au bon dosage, les effets neurologiques des malades de Lyme s´estompent avec le Tic Tox ».

Demande d´autorisation de mise sur le marché

L´« erreur » de Bernard Christophe est d´avoir introduit l´huile essentielle de sauge officinale dans sa préparation, mais c´est aussi d´avoir redécouvert ses vertus pour une maladie émergente puis adapté une posologie par le biais d´un protocole pour les malades. Or, toute allégation thérapeutique doit faire l´objet d´une demande d´autorisation de mise sur le marché. Bien que naturelle, l´huile essentielle de sauge, en tant que produit toxique, ne pouvait échapper à cette règle en France.

Le problème, c´est que le traitement officiel ne parvient pas toujours à vaincre la maladie de Lyme, surtout dans sa phase chronique tardive. Une forme qui serait bien plus répandue qu´on ne le croit. « C´est un véritable problème de santé publique », assure Bernard Christophe (voir notre interview). Chez certaines personnes, la forme chronique est quasiment impossible à diagnostiquer, les tests sérologiques pratiqués en France ne permettant pas de déceler la présence des différentes espèces de borrélies européennes en cause et leurs formes enkystées dans les cellules. Le Réseau sur la borréliose de Lyme en France (RBLF), branché sur la recherche scientifique allemande, a ainsi été créé l´an dernier pour porter la voix de ces malades qui présentent une forme non reconnue de la maladie de Lyme. Le RBLF se fait notamment le relais d´une pétition internationale pour la reconnaissance de la forme chronique. « Cette bactérie borrélia divise le monde médical », explique à Ouvertures le RBLF.

Nouveau coup dur pour les malades, la suspension du laboratoire Schaller

Outre la récente interdiction du Tic Tox, un autre sujet d´inquiétude agite le réseau sur la borréliose de Lyme. Par arrêté préfectoral, l´autorisation de fonctionnement du laboratoire Schaller, installé à Strasbourg, vient d´être suspendue pour non respect de la réglementation sur diverses normes mais aussi pour le motif suivant : « Diagnostic de la maladie de Lyme par biologie moléculaire non validé, non conforme aux recommandations officielles en vigueur ».

« Pour Viviane Schaller, les 12 motifs invoqués par l’ARS pour fermer son laboratoire (non respect des normes d’hygiène, entre autres) sont des prétextes. Cette décision n’a été rendue publique à travers un communiqué de l’Agence Régionale de Santé qu’une semaine après la fermeture du laboratoire, à la suite d´une levée de boucliers des patients. "Il y a des personnes qui veulent ma fermeture", affirme Mme Schaller », aux Dernières Nouvelles d´Alsace.

La sérologie pratiquée par ce laboratoire est couramment pratiquée en Allemagne, elle est plus récente que celle proposée en France (par le laboratoire BioMérieux notamment). « Aux USA, 95 % des souches sont des Borrélia Burgdoferi entraînant des symptômes essentiellement articulaires et cardiovasculaires. En Europe, les souches sont beaucoup plus diversifiées en conséquence de quoi la maladie est beaucoup plus complexe, pouvant imiter toute une série de pathologies, et rendant le diagnostic clinique difficile à établir par manque de spécificité des symptômes, déclare à Ouvertures, Viviane Schaller. Ceci explique pourquoi le diagnostic de laboratoire, par la mise en évidence des anticorps spécifiques, devient indispensable, à condition d´utiliser des tests fiables, ce qui est loin d’être le cas en France. La maladie n´étant pas détectée, elle évolue vers la chronicité et l´aggravation des signes cliniques ».

« La suspension du laboratoire de Viviane Schaller est un événement grave pour les malades et leurs médecins. La communauté avertie et lucide des malades de borréliose se demande s´il s´agit d´une action concertée pour détruire les preuves de la réalité de la maladie, évacuer purement et simplement la question de la chronicité et instaurer un définitif déni », dénonce le RBLF. Parallèlement, des médecins généralistes font aussi état de fortes pressions de la part de la Sécurité sociale et du Conseil de l´ordre pour ne plus envoyer d´analyse au laboratoire Schaller et pour ne plus prescrire le Tic Tox à leurs patients...

Querelle scientifique entre experts mondiaux

La maladie de Lyme commence à peine à se faire connaître et le contexte est déjà à la polémique. Ce n´est probablement qu´un début... L´affaire Tic Tox et Schaller n´est que la partie émergée d´une querelle entre experts internationaux sur la maladie de Lyme. Début janvier, au moment où l´Afssaps interdisait le Tic Tox, une bombe explosait aux Etats-Unis. Un pavé de 192 pages lancé dans la mare de l´IDSA (International Diseases Society of America), société de référence en matière de Lyme, écrit par le fondateur même de l´institution, le Pr B Waisbren ! Dans cet essai intitulé « Traitement de la maladie chronique de Lyme, 51 études de cas », il présente les possibilités de traitementssur le long terme tout en fustigeant les positions dogmatiques de l´institution dont il se détache. Aveuglement, déni, refus de se remettre en question ? Waisbrentente de comprendre pourquoi l´IDSA s´accroche comme une tique à la théorie de la non-chronicité de la maladie de Lyme. Un point de vue que seul l´ILADS, International Lyme and Associated Diseases Society, conteste en mettant en lumière co-infections et chronicité. Pour les deux sociétés ennemies, ce revirement d´un membre va raviver le débat à l´échelle internationale. Mais pas forcément dans l´intérêt immédiat des patients...

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Si vous préférez ne pas voir ce qu'il se passe par confort...

Toi, tu cherches des coupables.

Bizare, ça me rappelle quelqu'un...

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Wouaa !

Ça réfléchit dur ici à ce que je vois... Et ben, on va avancer avec ça ! C'est les malades qui vont être contents d'un tel soutien....

Je m'en vais sur d'autres horizons plus ouverts à la réflexion...

Bonne nuit.

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Peut être que si un jour tu as cette maladie, tu apprendras... et contrairement à ce rejet actuel, tu ne seras alors pas si méprisant envers ceux qui souffrent....

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:glare: il s'agit de ta façon de poster sur ce fil, pas des "malades" qui n'ont rien à voir dans cette histoire.

"Mais bon, cette fois ci encore, peut être, mon message sera t-il censuré...Si vous préférez ne pas voir ce qu'il se passe par confort, laissez le message au moins pour les lecteurs qui méritent mieux que des suppressions arbitraires d'informations qui ne plaisent pas au modo passant par là."

"Peut être que si un jour tu as cette maladie, tu apprendras... et contrairement à ce rejet actuel, tu ne seras alors pas si méprisant envers ceux qui souffrent.... "

On ne va pas pouvoir continuer comme ça. Le style martyr et manipulation émotionnelle d'autrui ("les malades ! que viennent ils faire dans le problème que tu ressens vis à vis de la modération ????) ne fait jamais avancer le schmilblick et rend tes messages totalement inaudibles.

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tu apprendras... et contrairement à ce rejet actuel, tu ne seras alors pas si méprisant envers ceux qui souffrent....

S’il y a des postes à pourvoir dans ta chapelle, je veux bien que tu m'apprennes !

C’est pour mépriser et victimiser les crève-la-faim, crève-la-soif, crève-la-misère et surtout tes crève-la-maladie.

J’en profiterai pour manœuvrer les crève-la-liberté, crève l’égalité et crève-la-fraternité ; sans oublier les crève-la-tendresse des femme battues, crève-le-chômage, crève-la-pollution, crève-la-prison, crève-la-toxicomanie, crève-le-racisme et la xénophobie…

Franchement pas désolé pour les autres crève l’ennui et le mal-de-vivre, crève-la-dépression qui ne sont pas intéressants pas car je les trouve ennuyeux.

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Bonjour tous,

Je reprends ce fil car je n'ai pas du tout compris ce qui s'y est passé à l'époque.

Le climat me paraissait bigrement inquiétant pour notre façon de vivre et se soigner, mais nous avons passé notre temps à nous demander s'il s'agissait d'hoax ou à refuser l'inquiétude des intervenants.

Avez-vous cherché à vous procurer des teintures mères récemment ? Avez-vous constaté combien il en a disparu ?

Et voici un article qui corrobore mes craintes...

http://www.bastamag....par-les-plantes

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Pour les teintures mères, la situation n'est pas terrible… lil devrait falloir une AMM (autorisation de mise sur le marché) pour chacune, ce qui n'était pas le cas jusque là . C'est très couteux. donc à moins qu'il y ait de nouvelles propositions dont je nai pas connaissance, cela va signer leur déclin.

Je me permets de faire un copié collé de la lettre ouverte rédigée en octobre dernier par le dr Jean-Michel Morel, président du syndicat national de la phyto-aromathérpaie, e et qui explique très bien l'histoire:

SYNDICAT NATIONAL de la PHYTO-AROMATHÉRAPIE - SNPA

Besançon, le 11 septembre 2013

LETTRE OUVERTE

DISPARITION PROGRAMMEE DES TEINTURES-MÈRES : EN TOUTE DISCRÉTION, UN PATRIMOINE MÉDICAL ET PHARMACEUTIQUE CONSIDÉRABLE EST EN TRAIN DE DISPARAÎTRE

Les teintures-mères , médicaments obtenus par macération prolongée de plantes fraîches dans l’alcool, sont utilisées depuis plusieurs décennies par les médecins homéopathes et phytothérapeutes.

Les TM sont reconnues par les pouvoirs publics depuis leur origine, elles sont même dans la grande majorité des cas vignettées et remboursées par les assurances sociales. Les résultats favorables de leur emploi dans de nombreuses pathologies courantes sont avérés par l’expérience professionnelle de milliers de médecins qui les emploient quotidiennement, conservant les preuves de leur efficacité dans leurs fichiers.

Ce sont les praticiens de demain ! Sans refuser les progrès de la pharmacologie moderne, ils appliquent une médecine raisonnée et responsable, peu coûteuse, peu iatrogène, écologique. Ils adaptent la prescription à sa véritable indication, dans un contexte actuel de surconsommation médicamenteuse galopante.

Malheureusement, ils ne publient que rarement leurs observations, n’effectuent pas les études statistiques modernes en « double aveugle » demandées pour attester de l’efficacité d’un médicament, par manque de temps et de moyens, mais aussi parce que ces études ne sont pas adaptées à l’étude des troubles multiples et multifactoriels rencontrés en « première intention » en médecine de ville.

La teinture-mère, un de leurs outils thérapeutiques les plus précieux, une matière première éthique, non soumise à la loi du marketing des grands laboratoires pharmaceutiques, est pourtant en train de mourir à petit feu.

Comment ?

En changeant unilatéralement et arbitrairement la réglementation, par le biais d’une directive européenne codifiant le médicament homéopathique, qui date de… 1992[1] ! et qui sert de prétexte à une mise en coupe réglée des teintures-mères.

Pourquoi ?

Pour décapiter la phytothérapie de prescription médicale. En Europe, les autorités ont peur des plantes, depuis de rarissimes accidents, très médiatisés, souvent dus à des erreurs d’étiquetage[2] et qui concernaient des plantes exotiques. Depuis lors, on ouvre le parapluie et on profite de tous les moyens pour limiter notre liberté thérapeutique.

Au fait, pourquoi « médicament homéopathique » ? La TM n’est-elle pas un « médicament à base de plantes » ?

Voilà le fond du problème ! Tout est une question de définition.

La Teinture-Mère est classée dans les produits homéopathiques, du seul fait que son mode de préparation est inclus dans la Pharmacopée à la rubrique Homéopathie. En réalité, la TM est une alcoolature (préparation liquide obtenue par dissolution extractive de l’alcool à fort degré sur une drogue fraîche). L’homéopathie a emprunté, depuis très longtemps, cette forme galénique à la Matière Médicale de phytothérapie, la jugeant pertinente pour servir de souche de base à ses dilutions. Plusieurs centaines de plantes (presque un millier) font ainsi partie de cette pharmacopée. Certaines d’entre elles sont prescrites quotidiennement, d’autres plus rarement, mais la grande majorité reste indispensable à nos patients qui, de ce fait, sont fortement pénalisés.

Ce qui hérisse toujours les professionnels, c‘est le manque de concertation. La liste pouvait être reprise, mais avec le concours des utilisateurs concernés, spécialisés et compétents.

Entrons un peu dans le détail.

Dorénavant, cette directive séparera arbitrairement deux catégories de médicaments :

1. Les médicaments à enregistrement homéopathique (EH) qui démarrent de la dilution 2CH[3] pour aller jusqu'à la 30CH et feront l’objet d‘un enregistrement simplifié

Le critère retenu par la règlementation européenne est un « degré de dilution garantissant l'innocuité du médicament ; en particulier, le médicament ne peut contenir plus d'une partie par 10 000 de la teinture mère ».

2. Les médicaments nécessitant une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour les autres, dont les teintures-mères.

Le critère retenu par l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) pour abroger les TM par fournées entières est une « bibliographie homéopathique jugée insuffisante », ce qui a pour conséquence, non pas seulement un déremboursement, mais une interdiction de leur délivrance en officine (abrogation). Contrairement à toute attente, le seul laboratoire fabricant, ayant absorbé il y a plusieurs années ses concurrents, ne cherche pas à sauvegarder, en déposant des demandes d’AMM de phytothérapie, ce bijou thérapeutique que l’on nous envie. Or la bibliographie scientifique à propos des plantes médicinales est considérable, nettement plus abondante que celle de l’homéopathie.

Pourquoi demander une « bibliographie homéopathique » ?

Effectivement, une bibliographie scientifique sérieuse ne peut pas séparer un auteur « homéopathique » et un auteur « non homéopathique ». Une souche de plante, ce sont des propriétés vérifiées à différents dosages, parfois pondéraux, parfois à des dosages très faibles voire infinitésimaux, et parfois dans ce cas avec une pathogénésie (expérimentation homéopathique). En tout cas, c’est un continuum d’effets qui relie l’homéopathie et la phytothérapie sans séparation.

De plus, on veut supprimer des TM parce qu’elles ne font pas partie de l’homéopathie, mais on leur refuserait une AMM sous prétexte qu’elles n’ont pas de bibliographie homéopathique ! Quelle contradiction !

La pluralité thérapeutique génère des économies de santé

Le chiffre d’affaires qui résulte des ventes de médicaments est estimé à 21,7 milliards d’euros dans les officines en 2011[4]. L’usage excessif de médicaments dans des pathologies de médecine générale en première intention génère des coûts importants et parfois indus, avec une pérennisation des traitements et une augmentation des pathologies iatrogènes. Trop souvent, on applique la maxime : « Aux petits maux les grands remèdes ! ». Il faut au contraire favoriser le recours à des pratiques simples, respectueuses de l’environnement et de la physiologie de nos patients. Dans ce domaine, l’utilisation de la phytothérapie sous diverses formes galéniques dont les teintures-mères représente une alternative pertinente, fiable et de bonne sécurité.

La prescription des plantes médicinales rencontre actuellement un franc succès en médecine générale, de nombreux confrères prescrivent avec compétence et conviction, générant ainsi des économies non négligeables.

Pour nous phytothérapeutes, comme pour les homéopathes, la suppression programmée des TM est une véritable catastrophe : nous étions fiers de cette variété de plusieurs centaines de souches détenues par les laboratoires homéopathiques. Cette ruine progressive de la matière médicale ne nous laissera que quelques dizaines de plantes sous forme de phyto-médicaments manufacturés, privant ainsi les médecins de leur liberté de prescription et amputant une part importante de leur arsenal thérapeutique. Imaginons que les médecins n’aient à leur disposition que 30 ou 40 remèdes pour soigner tous les maux de leurs patients ! De plus, on constate actuellement un déferlement de plantes exotiques nous arrivant par divers canaux non contrôlés.

Nos propositions

1.
Nous demandons un moratoire sur les TM. Arrêtez le massacre de notre Matière Médicale !
2.
Nous demandons l’inscription des TM en tant que matière première destinée à la délivrance pharmaceutique. En premier lieu, des plantes qui sont déjà à la Pharmacopée
, et en outre de celles utilisées par la tradition, possédant une bibliographie scientifique et de bonne innocuité.
3.
Aux laboratoires homéopathiques, nous demandons de faire le maximum pour inscrire progressivement toutes les plantes dont nous avons besoin, en concertation avec les professionnels utilisateurs. Nous avons d’ores et déjà établi une liste des souches qui nous semblent indispensables.

Nous sommes conscients que cela représentera un travail important pour les laboratoires d’homéopathie qui ont toujours été les garants de la conservation des TM, mais dans le monde de la phytothérapie et de la pharmacognosie, de nombreuses bonnes volontés peuvent s’associer pour aider à réunir les documents et la bibliographie nécessaires.

La phytothérapie est un fabuleux moteur de croissance et d’innovation

L’OMS fait la promotion de l’emploi des plantes médicinales[6] dans tous les pays, observe un usage par les trois quarts de la population mondiale, reconnait qu’elles sont source d’emplois, d’innovations, d’économies de santé, de réduction de la iatrogénie. La disparition de nos remèdes les plus simples va laisser un vide inestimable, qui sera comblé par d’autres produits à motivation commerciale. Divers phyto-médicaments issus des médecines traditionnelles chinoise ou ayûrvédique commencent à déferler sur internet ou dans divers points de ventre non contrôlés, ce qui peut constituer un risque pour le consommateur.

La phytothérapie est choisie par de nombreux individus qui désirent être acteurs de leur santé, dans une démarche responsable. Nos patients font un choix. Ils s’impliquent dans la prise en charge de leur capital-santé, ces ayants droit de l’Assurance-maladie doivent être respectés sur ce plan. Veut-on évincer les plus vertueux ?

A-t-on réalisé un estimation du coût induit par le report des prescriptions sur diverses spécialités pharmaceutiques ?

La prise de conscience écologique doit pénétrer le monde de la santé.

L’usage des ressources médicinales de notre environnement en est l’un des éléments majeurs.

Chez les médecins, l’étude des plantes et de leurs principes actifs est indispensable à la connaissance critique du médicament qui est, bien souvent encore, issu du monde végétal. Les substances thérapeutiques naturelles sont absolument méconnues de l’enseignement médical universitaire. Encouragerait-on cette ignorance ?

Aura-t-on pensé aux producteurs de plantes, que cette mesure furtive risque de mettre sur la paille, s’ils ont tout consacré à l’approvisionnement des laboratoires en plantes fraîches de qualité ? Leur travail permet une valorisation des terrains agricoles, avec de petites exploitations, un maillage géographique de notre pays en fonction du biotope nécessaire à leur production, des cultures responsables et respectueuses de l’environnement.

Alors que la Sécurité Sociale est en profond déficit, on supprime tous ces remèdes simples, efficaces, adaptés à la première intention, qui peuvent faire reculer l’usage des médicaments manufacturés, trop largement prescrits dans des indications qui ne sont pas les leurs.

Le monde politique et le monde de la santé doivent prendre conscience de l’enjeu et des conséquences de cette décision absurde de supprimer les TM.

------------------------------

Docteur Jean-Michel MOREL

Président du SYNDICAT NATIONAL de la PHYTO-AROMATHÉRAPIE

<a href="#_ftnref" name="_ftn1" style="mso-footnote-id:ftn" title="">[1] Directive 92/73/CEE du Conseil, du 22 septembre 1992

[2] Surtout depuis une confusion mortelle dans les années 1990 entre deux plantes chinoises, Stephania tetrandra et Aristolochia fangchi

[3] = 2° centésimale, correspondant à la 4° décimale (10 puissance -4) soit 1/10000°

[4] ANSM, Octobre 2012, Analyse des ventes de médicaments en France en 2011

[5] Recueil des matières premières autorisées pour la fabrication des médicaments, contenant les monographies des plantes médicinales. La Pharmacopée est justement faite pour désigner les plantes utiles.

[6] « Réglementation des médicaments à base de plantes. La situation dans le monde » de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 1998 http://apps.who.int/medicinedocs/pdf/s2226f/s2226f.pdf

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Merci Vénézia de relayer si bien ce dont je voulais parler et qui me fait bondir.

Mais il n'y a pas que les TM en cause.

Je colle ci-dessous un partie de l'article dont j'avais donné la référence. Il s'agit de produits vétérinaires, mais c'est exactement la même chose pour les humains. La confiscation du vivant est aussi là.

"En revanche, les agents de l’État nous ont informés que selon le Règlement UE 230-2013 et une note de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, ndlr) définissant le médicament animal, il fallait à présent une ordonnance d’un vétérinaire pour soigner ses animaux avec des plantes », précise Sébastien Pélurson. L’Union européenne a en effet publié en mars 2013 un règlement imposant le retrait du marché d’environ 600 plantes sous forme d’extraits végétaux ou d’huiles essentielles. L’avoine, la prêle des champs, l’ortie, le trèfle, l’orge ou la luzerne ne sont plus utilisables par exemple dans les aliments complémentaires buvables pour les animaux.

Comment expliquer cette réglementation ? « Ces extraits végétaux n’ont pas fait l’objet de l’achat d’une homologation par des entreprises », selon Philippe Labre, docteur vétérinaire. Or, nombre de ces plantes interdites sont alimentaires pour les herbivores et poussent sur les terrains des agriculteurs. « Cela rend leur interdiction techniquement injustifiable, dénonce le vétérinaire. Le problème de cette liste européenne, c’est qu’elle fait l’amalgame entre des plantes non préoccupantes parfaitement connues et quelques plantes toxiques comme la cigüe ». « Quand je garde le troupeau, les brebis mangent de la prêle, de la fougère, du buis, témoigne Jean-Louis Meurot de la Confédération paysanne. Elles se nourrissent et se soignent en même temps. Faut-il détruire les plantes que les bêtes mangent ? »...

"L’étau réglementaire s’est aussi resserré en France avec la parution en août 2013 d’une note de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (ANSES). Il en découle que tout produit à base de plantes doit disposer d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) et d’une prescription par ordonnance pour être utilisé dans un élevage."

Et j'ai bien peur qu'on ne s'en arrête pas là.

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Belouga,

Merci pour cet ajout, particulièrement inquiétant. On a l'impression que la nature devient l'ennemie n°1

Va t'il falloir une AMM pour ce que nous mettons dans nos assiettes?

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Etant donné que je suis nouvelle sur le forum et dans la vie bio. La conversation date un peu, je cherche mais je ne trouve rien sur le net. Qu'en est-il aujourd'hui? Quoi qu'il en soit, je dis mon point de vue.

Pour faire plaisir au pharmaceutique, ils vont interdire les plantes médicinales? Alors qu'une bonne partie de leur molécule est tiré d'une plante. Et ils ne peuvent pas dire que les plantes ne servent à rien sur le plan médicinal. Les huiles essentiels, ils en font quoi? les interdire aussi? Dans les sites, ils conseillent d'utiliser les plantes quand on est malades. On nous incite à manger des fruits et légumes pour être en bonne santé. Et ça c'est tout à fait le contraire de ce qu'on nous demande de faire. Ils devraient aussi interdire la vente des thés (camomilles, verveines,...) car on s'en sert aussi pour se soigner. Du grand n'importe quoi ce qu'ils font.

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